2
Critique Mardi 10 Avril 2007 12:10:00 pm

Pas de quoi se pâmer devant Dorian Blues, de Tennyson Bardwell. Comment accomplir son coming-out quand on a un père homophobe, une mère soumise et un frère hyper hétéro? Un sitcom gay cliché: pour être heureux, soyons nous-mêmes.

Stéphanie Lamôme
2
Critique Mardi 10 Avril 2007 12:08:00 pm

Dans Play, d’Alicia Scherson, une jeune femme s’insinue dans la vie d’un homme dont elle a trouvé par hasard la sacoche. Le postulat scénaristique en vaut d’autres, mais, hélas, la fiction tourne vite en rond et en longueurs.

Christophe Narbonne
2 Critique Mardi 10 Avril 2007 12:00:00 pm

Si vous avez apprécié le premier Goal, vous aimerez sans doute Goal 2 – La Consécration. Problème: on n’avait guère goûté aux charmes du film initial. Et cette suite signée Jaume Collet-Serra, hésitant entre une pub Adidas de deux heures et une telenovelas mexicaine, ne titille pas plus notre enthousiasme.

Mathieu Carratier
4 Critique Mardi 10 Avril 2007 11:59:00 am

Portrait d’une génération militante prise entre le besoin de changer le monde, d’une part, et le désir de vivre sa vie avec tout l’individualisme requis, d’autre part, Le Vieux Jardin figure un chant d’amour à l’homme et à ses faiblesses (doublé d’un magnifique portrait de femme forte). Comme dans ses films précédents, Im Sangsoo approche ses personnages, les insère dans le temps et l’espace, les regarde avec curiosité mais sans concessions. (…) Au-delà de la beauté de l’histoire d’amour, se posent aussi, parfois, des questions sans réponse.

Isabelle Danel
4
Critique Mardi 10 Avril 2007 11:57:00 am

À l’instar des grands films malades du maître (Répulsion, Rosemary’s Baby), Anna M. suggère plus qu’il ne démontre. S’attache à l’aspect clinique plutôt qu’à la théorie. Érotise la peur pour mieux désarçonner le spectateur. N’évite pas toujours un certain maniérisme. Et distille sournoisement son poison narratif en jouant de l’empathie éprouvée pour l’actrice principale, blonde diaphane a priori inoffensive. Le tout avec une ambition formelle où le rythme le dispute à l’élégance. Isabelle Carré s’est glissée dans ce contre-emploi avec une aisance confondante.

Christophe Narbonne
3
Critique Mardi 10 Avril 2007 11:56:00 am

Le Candidat, première réalisation de Niels Arestrup, est un film en trompe-l’œil où l’apparente fable politique cache une réflexion sur les acteurs, la vérité, la solitude et le trac. Il n’est d’ailleurs pas anodin de constater que le metteur en scène s’est entouré presque exclusivement de comédiens de théâtre, le rôle de la seule communicante sincère revenant à une inconnue: Isabelle Le Nouvel.

Sophie Grassin
4
Critique Vendredi 06 Avril 2007 4:03:00 pm

L’atout principal du film a un nom: Marianne Faithfull, qui tient ici son premier rôle en tête d’affiche. Elle l’honore brillamment devant la caméra de Sam Garbarski, qui signe un film tout en douceur. Le glauque devient joli et même drôle, parfois. Le talent du réalisateur court-circuite habilement le côté larmoyant de l’histoire. Ici tout n’est que pudeur et retenue. On pense un peu à The Full Monty, jamais à regarder notre montre.

Aline Paulhe
4
Critique Vendredi 06 Avril 2007 3:59:00 pm

Hanson signe une comédie romantique en apesanteur, refuse le réel pour la rêverie lunaire, s’affranchit des situations dramatiques pour des moments de grâce démentiels. Avec sa bouille d’ange et son aura mystico-candide, Drew Barrymore illumine le film et confirme (après le récent Come-back) son génie pour le genre. Face à elle, Eric Bana et Robert Duvall forment un tandem père-fils éclatant. Baigné par une musique rock imparable, bercé des néons de la ville lumière, Lucky You, finalement, n’est qu’amour: pour Vegas, Drew et l’univers du tapis vert. Loin, très loin des chromos.

Gael Golhen
2
Critique Vendredi 06 Avril 2007 3:55:00 pm

Si la lumière blanche, hivernale, rappelle (de très loin) De beaux lendemains (97), d’Atom Egoyan (producteur exécutif), le montage chahuté, au lieu de créer du relief, accentue son absence. Reste un regard parfois juste sur une histoire d’amour au long cours et la présence d’acteurs «seniors» qui n’ont pas dit leur dernier mot. Parmi eux, Gordon Pinsent mérite, dans tous les sens du terme, notre reconnaissance.

Isabelle Danel
4
Critique Vendredi 06 Avril 2007 3:51:00 pm

On avait quitté Dante et Randal en 94, paumés dans leur vie et dans leur supérette du New Jersey. Kevin Smith réalisait, pour 30 000 dollars, l’un des films qui allaient changer la face du cinéma indépendant américain.

Mathieu Carratier
3
Critique Vendredi 06 Avril 2007 3:46:00 pm

Bienvenue dans l’univers graphique et métacomique de Paolo Sorrentino, révélé en 2005 par Les Conséquences de l’amour. Centré sur la personnalité monstrueuse d’un misanthrope qui se croit philanthrope, L’Ami de la famille se nourrit de contraires: laideur vs beauté, vieillesse vs jeunesse, comédie vs noirceur, ombre vs lumière. Peu de place pour la nuance dans cette fable incontestablement étrange, parfois fascinante, mais finalement assez prévisible. La suffisance de Sorrentino est d’autant plus regrettable qu’il possède un talent fou.

Christophe Narbonne
5
Critique Vendredi 06 Avril 2007 3:43:00 pm

Jia Zhangke n’en finit pas de confirmer sa fougue créatrice et ses qualités formelles inouïes. Après, entre autres, Xiao Wu, artisan pickpocket et The World, le cinéaste chinois autopsie une nouvelle fois les contradictions douloureuses de son pays mais ne sacrifie jamais sur l’autel de la fable didactique ses personnages et leurs itinéraires singuliers. Still Life, fiction impressionniste et cinglante, subtile et fiévreuse, enregistre l’effondrement d’un monde et le désarroi indicible de deux personnages à la recherche du temps perdu.

Olivier de Bruyn
4
Critique Vendredi 06 Avril 2007 3:40:00 pm

Comme son titre l’indique, l’excellent docu d’Erwin Wagenhofer examine les absurdités contemporaines liées à l’exploitation commerciale de la bouffe, et, à travers elle, les déséquilibres à proprement parler mortels affligeant notre bas monde. (…) Il s’intéresse au destin tragi-comique d’une tomate européenne. Rappelle que quand certains surproduisent, d’autres souffrent. Interviewe travailleurs anonymes et pontes pontifiants (dont le PDG de Nestlé). Filme des poulaillers gigantesques, horrifiques, et sonde la grande gabegie de l’univers agro-alimentaire.

Olivier de Bruyn
4
Critique Vendredi 06 Avril 2007 3:30:00 pm

Si l’intrigue principale est concentrée sur les deux frangins, la confrontation des points de vue (habitants, mafieux, flics) permet de démultiplier un même thème: celui de l’équilibre rompu qui éloigne ce qui était proche: les frères se séparent, les anciens s’opposent aux modernes, les nostalgiques aux ambitieux... (…) Michael Arias exprime cette quête chaotique en puisant au meilleur de deux cultures, l’occidentale et la japonaise.

Gérard Delorme
4
Critique Vendredi 06 Avril 2007 3:25:00 pm

Sur le fond, terrible, mais dans la forme, (très) drôle. Emmanuelle Cuau (Circuit Carole) n’a pas son pareil pour décrire des personnages foisonnants et construire des situations à tiroirs. Au lieu d’une descente aux enfers, Très bien, merci décrit une naissance au monde. (…) Alex et Béatrice (Melki et Kiberlain, en grande forme), respectivement comptable et chauffeur de taxi, vivent un quotidien où chacun fait valoir son droit. L’absurdité qui en résulte dit avec malice quelque chose d’une époque troublée, où l’individu (et le client!) est roi.

Isabelle Danel
2
Critique Vendredi 06 Avril 2007 3:19:00 pm

Moins inspiré que dans ses deux fictions précédentes ("Suzhou River", "Purple Butterfly"), le réalisateur, sur fond de place Tienanmen - 89 et de révolte étudiante, cherche à retracer sous tous ses aspects (politique, social, amoureux, érotique...) le destin compliqué de ses jeunes personnages, mais, la plupart du temps, aligne sévèrement les clichés édifiants.

Olivier de Bruyn
3
Critique Vendredi 06 Avril 2007 3:16:00 pm

Porté par des comédiens étonnament justes (Luca Zingaretti ou Laura Chiatti), "A casa nostra" relève de l'autopsie: des sentiments, du cynisme et de la perte de repères d'un pays.

Sophie Grassin
4
Critique Vendredi 06 Avril 2007 3:12:00 pm

La force de "Jesus Camp" réside dans son apparente neutralité. Il ne fait aucun doute que le but des réalisatrices n'est pas de promouvoir le mouvement évangélique mais bien d'alerter sur son influence grandissante et sur la menace de la droite chrétienne pour l'avenir de leur pays.

Nicolas Schaller
4
Critique Jeudi 05 Avril 2007 4:10:00 pm

La bonne idée du film de Bille August est de raconter les vingt-sept années d’incarcération de Nelson Mandela en prenant le point de vue de James Gregory, son gardien de prison. Faisant fi d’une vision simpliste dans laquelle les blancs racistes haïssent les pauvres noirs, le film montre le changement de conscience de la part d’un homme qui a adhéré à l’apartheid. Goodbye Bafana, c’est aussi l’histoire d’une amitié sincère entre deux hommes que tout opposait a priori. Beaucoup d’émotion se dégage de ce biopic.

Eve Gimenez
3
Critique Mercredi 04 Avril 2007 2:41:00 pm

Magaly Richard-Serrano met en scène deux cousines boxeuses qui se retrouvent adversaires dans le film Dans les cordes. Un petit film honnête et sincère qui est avant tout un portrait famillial intense et pas niais. Les jeunes comédiennes (Louise Szpindel, Stéphanie Sokolinski) sont impec et le film fait parfois songer à l’univers d’Erick Zonca. On connaît pire comparaison.

Mathieu Carratier
2
Critique Mercredi 04 Avril 2007 11:06:00 am

Bienvenue au pays où les enfants sont rois ! Le film d’Éric Civanyan aborde avec un humour piquant les problèmes quotidiens que rencontrent certains parents avec leurs chérubins au cœur de démon. Si vous êtes parent, grand-frère ou grande-sœur, vous vous reconnaîtrez sûrement. Bien que la scène où Sandrine Bonnaire rêve de passer sa fille par la fenêtre amuse, le spectateur finit quelque peu par se lasser des bêtises et des insolences de ces sales gosses.

Eve Gimenez
3 Critique Mardi 03 Avril 2007 6:22:00 pm

Le film L’Éveil de Maximo Oliveros, d’Auraeus Solito raconte l’histoire d’un ado vivant avec père et frères dans le faubourg pauvre d’une ville des Philippines.
Le garçon tombe amoureux d’un flic et observe différemment le monde. Une sorte de Promesse version gay, pâtissant toutefois d’une mise en scène mollassonne…

Isabelle Danel
2
Critique Mardi 03 Avril 2007 6:19:00 pm

Dans le genre ludique, on déconseille Big Movie, la nouvelle parodie pas drôle de Jason Friedberg et Aaron Seltzer. Le duo s’attaque aux films épiques, genre Le Monde de Narnia... et Harry Potter. Une big connerie, si vous voulez notre avis.

Mathieu Carratier
2
Critique Mardi 03 Avril 2007 6:16:00 pm

La Reine Soleil, de Philippe Leclerc, une adaptation en forme de film d’animation du roman de Christian Jacq. Bilan mitigé: trop austère pour les petits et pas assez second degré pour les grands.

Christophe Narbonne
2 Critique Mardi 03 Avril 2007 6:13:00 pm

L’Amazone candidate, de Sanvi Panou, suit à la trace la campagne présidentielle de Marie Elise Gbedo, au Bénin, en 2006. Un portrait trop superficiel d’une pétulante politicienne dont on retient surtout le combat pour les droits de la femme.

Benjamin Mallet
4 Critique Mardi 03 Avril 2007 6:09:00 pm

Bientôt les élections, nul n’est censé l’ignorer. Avec Ségo et Sarko sont dans un bateau, l’agitateur Karl Zéro, force images d’archives et de coulisses à l’appui, cherche à décrypter la vraie nature des politiques. Plus d’humanité chez nos grands hommes (et femmes) ou moins? Le mystère plane, tant mieux.

Gael Golhen
4
Critique Mardi 03 Avril 2007 10:20:00 am

Zéro Deux propose dix courts métrages qui vont du très bon au... moins bon. Venant d’horizons différents (anglais, australiens, finlandais ou français), ces films portent tous la patte de cinéastes en herbe, des allumés de la narration et du style.

Gael Golhen
2
Critique Mardi 03 Avril 2007 10:18:00 am

Dans Les Sœurs fâchées, Leclère disséquait les rapports fraternels avec une brusquerie inconfortable pour le spectateur, habitué à davantage de consensus. Elle pousse plus loin le bouchon de la provoc avec son nouveau film dont l’argument est «pas de fric, pas de cul». Sa théorie? Pour que la femme vive durablement sur la bête (son mec), elle doit écarter les cuisses plus souvent. (…) Tout ça pour arriver au constat que les femmes ne sont pas si putes et les mecs pas si médiocres. Le prétendu cynisme d’Alexandra Leclère cacherait-il une âme de midinette?

Christophe Narbonne
3 Critique Mardi 03 Avril 2007 10:17:00 am

Ce premier long métrage, primé à Sundance et Berlin, file la métaphore d’un monde coupé en deux dont la frontière pourrait finir par exploser à force d’imperméabilité révoltante. Si le systématisme du procédé confine à l’atonie et érode l’intérêt dans la seconde moitié du film, Julio Chávez, acteur génial remarqué dans L’Ours rouge (Adrián Caetano, 03) et Extraño (Santiago Loza, 03), masque impassible et corps tassé, capte l’attention de bout en bout.

Isabelle Danel
3
Critique Mardi 03 Avril 2007 10:16:00 am

Genre relativement solitaire jusqu’ici, le biopic se dédouble: sorti chez nous en mars 2006, Truman Capote, premier long métrage de Bennett Miller, affichait une belle maîtrise du récit et un Seymour Hoffman impressionnant. Scandaleusement Célèbre, tourné quasiment au même moment mais distribué avec retard pour éviter la concurrence directe, souffre forcément de la comparaison... Nul besoin d’avoir vu le premier pour apprécier le second (…)

Isabelle Danel