4
Critique Jeudi 11 Janvier 2007 3:32:00 pm

On a beau lutter, se dire que l’on déteste ce genre de mélo-avec-des-gosses qui pratiquent le chantage à l’émotion, ces films à la morale sirupeuse (mieux vaut être riche que fauché) : A La recherche du bonheur finit par terrasser le spectateur le plus cynique. (…) L’atout du film, c’est évidemment Will Smith, qui fait la loi et s’impose comme le chaînon manquant entre Eddy Murphy et Denzel Washington.

Gael Golhen
0
Critique Jeudi 11 Janvier 2007 3:30:00 pm

Incarnation de l’esprit joyeusement foutraque et libidineux des années 70, le Belge Picha a imaginé une parodie trash/cul du conte des frères Grimm, comme un écho à son plus grand succès, Tarzoon, la honte de la jungle (75). Le Prince Charmant y est un coureur de jupons toujours puceau; les nains, rebaptisés Schlingueur, Branleur, j’en passe, des obsédés du cul. Le reste est à l’avenant… Problème. Cet « humour » apparaît d’autant plus daté que Shrek est passé par là, dynamitant avec succès les codes du genre tout en restant accessible aux enfants.

Christophe Narbonne
4
Critique Jeudi 11 Janvier 2007 3:22:00 pm

Parce qu’il a toujours été beaucoup moins idiot qu’on ne voulait nous le faire croire, Stallone sait pertinemment que ce sixième Rocky part avec un sérieux handicap. Un boxeur de soixante ans qui remonte sur le ring pour se prouver qu’il n’est pas encore mort? Absurde. C’est pour cela que le véritable sujet du film est ailleurs: dans l’autre combat, hors du ring, qui oppose un homme aux ravages du temps. Sly fait sa crise de la soixantaine sur grand écran, règle ses comptes avec Hollywood, et prouve qu’il faut encore compter avec lui. (…).

Mathieu Carratier
4
Critique Jeudi 11 Janvier 2007 2:44:00 pm

Will Smith joue pour la première fois avec son fils à l’écran : népotisme ou duo bouleversant ? Pas question d’accuser Will de fierté paternelle exacerbée car le tandem avec Jaden Smith, son petit garçon dans la vie, fonctionne à merveille. La star hollywoodienne et son fils font preuve d’une sincérité et d’une aisance extrêmement touchante. Ils parviennent à transmettre réellement l’esprit du rêve américain et, grâce à leur complicité, l’histoire (vraie !) de ce jeune black qui sombre dans la misère avant de se réinventer en trader devient la chronique de l’amour d’un père pour son fils.

Eve Gimenez
3
Critique Mercredi 07 Février 2007 2:10:00 pm

Un divertissement familial carré, dont l’efficacité sera proportionnelle au nombre de dents de lait qu’il vous reste ou à votre capacité à rire devant un concours de baffes opposant un adulte à un singe capucin incontinent. Nouveau soldat de fortune du kids movie hollywoodien, Shawn Levy assure le minimum, se reposant sur une impressionnante galerie de seconds rôles (Ricky Gervais, Owen Wilson, Steve Coogan, Williams) pour arracher le quota de sourires à un spectateur qui se demande où est Joe Dante quand on a besoin de lui…

Mathieu Carratier
4
De Ghislain0, le mercredi 10 janvier 2007 12:01:00

Les vertus documentaires d'Indigènes, indéniables, s'adressent à nos consciences. Rachid Bouchareb l'a voulu ainsi. Il l'a écrit, le montre et le revendique. Pour cela, le film déborde du cadre du cinéma. N'empêche. Indigènes est d'abord un film de guerre digne, tourné de façon spectaculaire. Avec des personnages forts, compagnons d'armes réunis pour des motivations différentes auxquels on s'attache immédiatement. Ils ont leurs propres fragilités, leur foi et leur courage pour nous convaincre. Ils ont aussi des comédiens formidables à leur service.

Ghislain Loustalot
4
Critique Mercredi 10 Janvier 2007 11:59:00 am

Pour son second film après le succesfull Se souvenir des belles choses (02), Zabou Breitman, avec un beau culot et une délicatesse aiguë, sonde les troubles de ses personnages, leurs ambiguïtés trop longtemps enfouies, leurs frustrations morales et sexuelles. Ambitieuse sur le fond thématique de son beau projet, la cinéaste brusque également la forme de son film. (…) (Malgré des) défauts épars sont peut-être la rançon à payer pour cette fiction audacieuse, gonflée et émouvante qui prend des risques et, à tout point de vue, bouscule...

Olivier de Bruyn
3
Critique Mercredi 10 Janvier 2007 11:35:00 am

C’est un rythme particulier que celui du polar à la française. Le nouveau film de Régis Wargnier fait immanquablement songer à Cette Femme-là de Guillaume Nicloux ou à Agents secrets de Frédéric Schoendoerffer. Loin des superproductions hollywoodiennes faisant la part belle à l’action, le polar made in France est aussi (surtout ?) un film d’ambiance. Le temps se dilate et s’étire autour de cette traque tranquille d’un serial killer.

Jean-François Morisse
3
Critique Vendredi 05 Janvier 2007 5:48:00 pm

Le film, réalisé par l’auteur de Creep mélange avec un bonheur inattendu deux ingrédients habituellement incompatibles: l’horreur et l’humour. Après un démarrage poussif, le récit décolle vraiment lorsque les personnages se dévoilent en libérant leurs fantasmes. Puis, l’horreur se déchaîne, par surprise, sans retenue ni discrimination. L’humour est cru et ne sert aucunement à rétablir un quelconque équilibre: il s’ajoute à l’excitation, qui va crescendo jusqu’à un climax stupéfiant. Un pur plaisir coupable.

Gérard Delorme
3
Critique Vendredi 05 Janvier 2007 5:44:00 pm

Aux antipodes du très hollywoodien L’Exorcisme d’Emily Rose (Derrickson, 05), qui s’inspirait des mêmes événements, ce film retrace avec une rigueur quasi clinique le cas d’une jeune Allemande morte d’épuisement dans les années 70, après avoir subi une séried’exorcismes pour soigner ce qui, au départ, n’était que de l’épilepsie. Un environnement
fortement religieux, ajouté à un contexte familial étouffant, a probablement favorisé la psychose de ce personnage incarné avec un réalisme douloureux par l’impressionnante Sandra Hüller.

Gérard Delorme
3
Critique Vendredi 05 Janvier 2007 5:43:00 pm

Nous sommes à Glasgow où tout est triste et gris, et l’humeur de Jackie, jeune femme solitaire qui travaille dans un centre de surveillance vidéo, est au diapason. Un jour, pourtant, dans l’écran relié à l’une des caméras pointées sur Red Road, quartier pauvre de la ville, un personnage la fait soudain sursauter. De spectatrice, elle devient actrice, se mettant à filer le jeune homme roux, l’approchant de plus en plus … De cette vie en morceaux, la réalisatrice fait la pièce maîtresse d’un polar de l’âme.

Isabelle Danel
3
Critique Vendredi 05 Janvier 2007 5:42:00 pm

Une vague de suicides étranges s’abat sur un campus américain. Et si les réseaux de communication avaient ouvert un passage permettant aux morts de venir nous arracher
ce qu’ils n’ont plus, la vie? Ce serait difficile à avaler, on vous l’accorde. Mais passé le scénario faiblard, Pulse déploie suffisamment de tension et d’arguments visuels pour vous coller au fauteuil. Dans le genre, c’est déjà énorme.

Mathieu Carratier
4
Critique Vendredi 05 Janvier 2007 5:34:00 pm

Djamshed Usmonov signe un film ultra-singulier qui sonde la condition mâle, ses incertitudes, ses ridicules, ses faux-semblants. Le mystère et l’inconnu féminin obsèdent le personnage. (…) Sur la carte esthétique du cinéma, Usmonov pointe quelque part entre Tsai Ming-Liang et Darejan Omirbaev (La Route) (…) Le Tadjik, déjà repéré pour L’Ange de l’épaule droite, épouse la perception de son protagoniste aussi aimanté qu’effrayé par les filles offertes à son regard sinon à son corps. Il le suit dans sa quête désordonnée et essentielle.

Olivier de Bruyn
3 Critique Vendredi 05 Janvier 2007 5:24:00 pm

Après avoir recueilli la petite fille de sa sœur hardeuse morte d’overdose, un prêtre fou de rage remonte la piste d’un réseau de pornographes. Alternant prises de vues en vidéo (pour le passé) et animation (pour le présent), le film dénonce l’exploitation des travailleurs du sexe quel que soit leur âge. Mais l’auteur se tire une balle dans le pied en montrant des images d’ultraviolence qui ne sont pas moins condamnables que celles qu’il prétend dénoncer.

Gérard Delorme
3
Critique Vendredi 05 Janvier 2007 5:21:00 pm

«Aujourd’hui, on n’est pas des putes, on est des princesses!», dit l’une. Et les deux amies, ce soir-là, ne font pas payer les galants qu’elles ont levés en boîte. Le reste du temps, c’est la galère pour Caye et Zulema: la première est chez elle, à Madrid, mais comme en fraude puisque sa famille ignore ce qu’elle fait; la seconde est déracinée et ne pense qu’à rentrer en République dominicaine pour retrouver les siens. Après Les Lundis au soleil (03), Fernando León De Aranoa dessine un autre portrait des petits, des obscurs et des sans-grade.

Isabelle Danel
2
Critique Vendredi 05 Janvier 2007 5:19:00 pm

Attention, les queers débarquent au cinéma! Poltergay raconte comment une brigade de cinq fantômes homos relooke et réforme, avec force piaillements, un hétéro de base (Cornillac, très bien) que sa femme vient de quitter (Julie Depardieu, très bien aussi)… Boosté par un pitch débile, Lavaine en fait des tonnes dans le fourre-tout kitsch, le n’importe quoi visuel et l’humour gay. C’est infiniment plus sympa que les films d’Aghion; plus drôle, c’est une affaire de goût.

Gael Golhen
3
Critique Vendredi 05 Janvier 2007 5:18:00 pm

Producteur à succès, Peter Chan revient à la mise en scène avec cette coproduction à vocation internationale. Sur fond de tournage d’une comédie musicale dans les studios de Shanghai se dessine progressivement un ménage à trois entre l’acteur hong-kongais, la star chinoise et le réalisateur.

Gérard Delorme
2
Critique Vendredi 05 Janvier 2007 5:16:00 pm

Tourné en dix-sept jours, essentiellement à l’impro, Pardonnez-moi, film-happening, ne s’encombre d’aucun vernis. Il tient de l’investigation, du crachat, du travail de deuil et du poing brandi. Il avance à la va-comme-je-te-pousse, parfois complaisant, souvent dérangeant, extrêmement violent mais toujours indocile: Maïwenn filme les brûlures, les éclats, la tiédeur ne l’intéresse pas. Portée par des comédiens qui ne s’épargnent pas – et qu’elle n’épargne pas –, la réalisatrice se met en danger.

Sophie Grassin
4
Critique Vendredi 05 Janvier 2007 5:00:00 pm

Avec ce film en forme d’anthologie, le réalisateur boucle un cycle commencé avec Perfect Blue (98) et poursuivi avec Millennium Actress (01). Adaptant un roman populaire de Yasutaka Tsutsui, il a trouvé dans l’exploration des rêves un cadre idéal pour y décliner ses registres de prédilection (mélo, polar, SF) et établir des correspondances entre réalité et illusion. Malgré la complexité de l’intrigue, les doubles personnalités et autres superpositions de rêves contaminés, on n’est jamais perdu. Visuellement, les images 3D et 2D se mêlent avec une fluidité inédite.

Gérard Delorme
4
Critique Vendredi 05 Janvier 2007 4:57:00 pm

Voici un film délicieux sur le temps qui passe, l’esprit français, l’amour de l’art et Danielle Darrieux. (…) Comédie loufoque servie par un dialogue étincelant où la vacherie affleure, Nouvelle Chance traite de la mort qui rôde, salue la force de l’obstination, évoque la guerre des rivalités, dénonce le cynisme d’un jeune Tartuffe et égratigne le parisianisme avec une légèreté salubre. La comédie d’Anne Fontaine, un genre où elle avait jusque-là pratiqué un burlesque funambule, suinte d’une buée d’ironie et de nostalgie discrètes.

Sophie Grassin
3
Critique Vendredi 05 Janvier 2007 4:55:00 pm

1980. Amos Gitaï signe House, un docu en 16 mm. Via les métaphores de la maison et de la construction, il y interroge les sentiments de Palestiniens et Israéliens ordinaires. Le cinéaste récidive en 98 (Une maison à Jérusalem) et boucle aujourd’hui la boucle en réalisant un troisième volet à cet ambitieux projet documentaire qui autopsie les blessures d’un peuple. Gitaï retrouve certains témoins du film initial, donne la parole à d’autres, embarque sa caméra pour de longs plans-séquences où il capte frustrations et désirs d’échappées.

Olivier de Bruyn
3
Critique Vendredi 05 Janvier 2007 4:53:00 pm

L’amitié viscérale entre un juif et un Arabe, de l’euphorie de la fin de la seconde guerre mondiale à New York, jusqu’à leur déchirement en Palestine au moment de la création de l’État d’Israël. Tiré du best-seller de Lapierre et Collins, Ô Jerusalem reconstitue les grandes étapes de la naissance du conflit israélo-palestinien. Un message de paix et d’amour romanesque qui fait la part belle à un acteur remarquable: J.J. Feild

Stéphanie Lamôme
4
Critique Vendredi 05 Janvier 2007 4:52:00 pm

À la différence de Jim Jarmusch qui avait traité le côté sauvage de Neil Young dans Year of the Horse (99), Jonathan Demme a choisi de célébrer le registre paisible du compositeur canadien en le faisant jouer – au légendaire Ryman Auditorium de Nashville et accompagné de ses musiciens fidèles – la quasi-totalité de sa trilogie dite de «La prairie», commencée avec Harvest (72) et conclue avec Prairie Wind (05). Young profite de l’occasion historique pour rendre un hommage sincère à Hank Williams dont le fantôme hante le concert à chaque minute. Les connaisseurs apprécieront.

Gérard Delorme
2
Critique Vendredi 05 Janvier 2007 4:51:00 pm

Une histoire on ne peut plus anecdotique (un écrivain en herbe antibonapartiste finit par s’attacher aux pas de l’empereur exilé sur l’île d’Elbe), des acteurs surexcités qui surjouent à la manière du théâtre de pantomime, l’ensemble pèche par le fond et par la forme. Pourtant, entre ennui et énervement, on finit par se laisser prendre au jeu. Enfin... à celui de Daniel Auteuil qui a suffisamment de talent pour donner un peu d’âme à un énième Napoléon qui manque cruellement d’émoi.

Ghislain Loustalot
4
Critique Vendredi 05 Janvier 2007 4:49:00 pm

Avec l’histoire de Nina, médecin confusément lasse de son existence a priori nickel Ulrich Köhler, dont c’est le second long, met en scène une errance paradoxale où l’héroïne croise, au gré de son itinéraire fugueur, des paysages inquiétants, des silhouettes hasardeuses, un grand hôtel fantomatique, et, surtout, ses propres indécisions et difficultés d’être au monde.

Olivier de Bruyn
3
Critique Vendredi 05 Janvier 2007 4:48:00 pm

Deux oursons malicieux (Monsieur et Monsieur, ce sont eux ) rivalisent d’imagination délirante pour défendre un potager, hiberner au pays des pingouins ou aider une princesse-poisson. Ce programme de trois courts métrages d’animation réalisés dans les années 60-70 et redevables à deux maîtres inventifs de l’école tchèque séduira les plus petits (on a testé, ça marche) et aussi très probablement leurs parents, charmés par la drôlerie des historiettes
et la finesse du trait.

Olivier de Bruyn
3
Critique Vendredi 05 Janvier 2007 4:47:00 pm

La découverte d’une balle de Ping-Pong en plein désert plonge dans la stupeur Bilike, un petit garçon de 7 ans. Comme dans Les dieux sont tombés sur la tête, le monde extérieur pénètre dans cet univers protégé via un objet incongru. Après L’Histoire du chameau qui pleure et Le Chien jaune de Mongolie, la surprise de ce conte naïf et charmant est moindre. Mais la fin est splendide.

Isabelle Danel
3
Critique Vendredi 05 Janvier 2007 4:45:00 pm

Alors que les cinéastes américains se sont rapidement emparés de la guerre du Vietnam, les fictions sur la guerre d’Algérie sont encore peu nombreuses dans la production française. Mon Colonel, adapté du roman éponyme de Francis Zamponi, a le mérite d’en faire désormais partie. La force de ce qui est montré et surtout de ce qui est dit est indéniable. En évitant les pièges du manichéisme, le film démonte les mécanismes de l’âme humaine confrontée à l’indicible.

Ghislain Loustalot
2
Critique Vendredi 05 Janvier 2007 4:44:00 pm

Adapté d’un roman autobiographique à succès (Cent Coups de brosse avant d’aller
dormir), Melissa P, 15 ans narre la descente aux enfers du sexe d’une adolescente délaissée par ses parents et humiliée par son premier amour. Ce difficile sujet est traité, façon «cher journal», avec épaisseur et sans unité de ton. Voyeurisme malsain et gnagnateries de teen movies: si cette dualité est bien l’apanage de l’adolescence, un peu plus de finesse n’aurait pas nui.

Isabelle Danel
4
Critique Vendredi 05 Janvier 2007 4:43:00 pm

Surfant avec une habile légèreté sur les problématiques rudes de l’époque (retour du religieux, communautarisme vociférant), Mauvaise Foi fixe les désaccords s’immisçant au sein du couple, traîne habilement du côté des personnages secondaires, mitonne des microsuspenses joliment tendus autour des contradictions des uns et des autres. Même si la mise en scène manque parfois d’invention, l’efficacité intelligente du script, l’audace tranquille du cinéaste et la bonne humeur contagieuse de l’ensemble font de Mauvaise Foi l’une des réussites conséquentes du moment. Vite, la suite.

Olivier de Bruyn