3
Critique Lundi 25 Juin 2007 4:54:00 pm

Une bande de potes qui approche la cinquantaine décide de se libérer de leur petite vie pour se faire une virée en motos. Bande de sauvages est le film typique de la comédie américaine : de l’humour bien gras, des situations rocambolesques, un scénario plutôt fluet … pour une comédie qui n’a pas d’autre prétention que de faire rire. Et c’est plutôt réussi. Le quatuor s’en sort bien : Travolta est (enfin) à l’aise, William H. Macy (enfin) révélé, Tim Allen (enfin) sobre, tout comme Martin Lawrence. Bande de sauvages, c’est peut-être l’âge de la maturité.

Claire Fortier-Durand
4
Critique Lundi 25 Juin 2007 9:41:00 am

S'il s'agit de définir le dernier film de Canet en un seul mot sans doute faut-il choisir "efficace". La mise en scène est nerveuse et malgré l'histoire d'Harlan Coben particulièrement alambiquée on parvient à ne pas perdre le fil de l’intrigue. Ajoutons à cela que transposer un roman qui se déroule aux Etats-Unis à Paris est une performance qui a elle seule mérite que le réalisateur reçoive un César. Bref, sans crier au chef-d’œuvre, ce nouveau long de Canet fonctionne, et on n’en demandait pas plus.

Jean-François Morisse
2
Critique Samedi 23 Juin 2007 10:25:00 pm

Sans doute pourrait-on raisonnablement s'extasier devant la Citadelle Assiégée s'il s'agissait d'un documentaire animalier. Ce n'est pas le cas. Ce film est une fiction animalière. Comprenez par là que le réalisateur est allé au Burkina Faso y dégoter des termitières pour ensuite récréer en studio les situations propices au suivi d'un scénario mythilogique d'ailleurs plutôt séduisant. Dans le studio, on massacre donc allègrement termites et fourmis au gré des rebondissements créés de toutes pièces.

Jean-François Morisse
2
Critique Mercredi 20 Juin 2007 10:24:00 am

Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'avec son Ocean's 13, troisième déclinaison à la cool d'une marque rentable et vieille de six ans, Steven Soderbergh ne force pas son talent. Acteurs absents malgré leur sourire à mille dents, scénario échappant à toute tentative de résumé raisonnable, concours de travestissements - gros budgets de perruques et de faux nez-, le film, entre deux plans publicitaires pour Vegas, dévide sa mécanique habituelle avec une paresse crasse.

Sophie Grassin
4
Critique Mercredi 20 Juin 2007 10:17:00 am

Brillamment, Paul Andrew Williams suggère plus qu'il ne montre la violence. Il associe le jour à la liberté des fugitives et la nuit à leur captivité. Le pouls du film s'accélère au rythme des appels menaçants sur les portables de Kelly et de son proxénète. A l'inverse, la paix n'est qu'illusion. (...) La noirceur de London to Brighton n'a d'égal que l'effroi qu'il suscite. Ses feux de détresse n'en finissent pas d'éblouir.

Hélène Sécher
0
Critique Mercredi 20 Juin 2007 10:13:00 am

Bruno Merle ne redoute pas les comparaisons. Son premier film patît pourtant de sa proximité thématique avec La valse des pantins (83), de Martin Scorsese, chef-d'oeuvre définitif sur la vanité de la gloire et les dessous de la folie ordinaire. De fait, Héros enfile les clichés poujado-situationnistes: combat du sans-grade contre le nanti, de l'authentique contre le superficiel, de l'art avec un grand A contre la culture de masse... Des mots mais pas de discours de fond.

Christophe Narbonne
3
Critique Mercredi 20 Juin 2007 10:05:00 am

Des Ensorcelés à 8 1/2 ou à La nuit américaine, les (grands) films racontant un tournage ne manquent pas. Il faut donc une certaine audace à un cinéaste débutant pour se risquer sur les traces de Minnelli, Fellini ou Truffaut. Et, parfois, comme dans le cas de Joachim Lafosse, l'audace paie, tant son Ca rend heureux, tourné dans l'urgence et le dénuement, fait preuve de fraîcheur, d'humour et de pertinence sur ce thème rebattu.

Didier Roth-Bettoni
3 Critique Mercredi 20 Juin 2007 10:01:00 am

Certaines séquences marquent: les quartiers brisés de Detroit ou de Buffalo. D'autres amusent: Ronald Reagan imitant George Bush à l'enterrement de son père. American Vertigo pose de vraies questions mais, à vouloir les traiter sous forme d'instantanés lyriques ou à omettre certains points, laisse souvent les spectateurs sur leur faim.

Sophie Grassin
3
Critique Mercredi 20 Juin 2007 9:56:00 am

Ce premier long-métrage de et avec Barthélémy Grossmann s'ancre dans une réalité sociale bien d'aujourd'hui et s'inscrit dans une mythologie du cinéma qui, de Taxi Driver à La Haine en passant par Les Affranchis, commence à avoir beaucoup servi. Malgré un rythme fluctuant et un symbolisme appuyé, quelques chose de la tragédie persiste jusqu'à envoûter dans ce huis clos filmé avec trois bouts de ficelles mais qui a l'élégance d'éclater sur l'écran en 35 mm et en Scope.

Isabelle Danel
3
Critique Mardi 19 Juin 2007 12:30:00 pm

Ce serait facile de faire la peau du premier long de Bruno Merle. La presse s’en est d’ailleurs chargée. Trop de références (Scorsese, Spike Jonze), trop de tics visuels, trop de plans, trop inclassable (ni auteur, ni genre), trop d’idées… Mais voilà : pour une fois qu’un film français prend des risques, pour une fois qu’un jeune réal met ses couilles sur la table et se met pluskapoil montrant - cash - son désir de cinéma, nous, on a envie de le défendre. Et de dire que cet essai gonzo est un pari risqué sacrément couillu.

Gael Golhen
4
Critique Jeudi 14 Juin 2007 9:43:00 pm

Après un premier épisode clairement fait pour les kids, les aventures de la famille Fantastique ont gagné en maturité et en action. C’est sans doute l’effet Surfer, le héros en papier d'alu qui porte ce deuxième volet sur son surf. Animé en CGI (mais modelé sur Doug Jones - le Pan du Labyrinthe - et doublé par Lawrence Fishburne), les apparitions du planchiste tourmenté apportent une tonalité plus sombre et plus mélancolique au film.

Gael Golhen
3
Critique Mardi 12 Juin 2007 11:58:00 am

Trente ans après sa mort, Howard Hughes fascine toujours… Il y a deux ans à peine, l’Aviator de Scorsese retraçait la vie du milliardaire. Avec Faussaire, Lasse Hallström continue à alimenter la légende du célèbre aviateur à travers la fausse biographie écrite par Clifford Irving (Richard Gere). Tour à tour menteur, séducteur et comique, le comédien traduit à la perfection les multiples facettes de cet écrivain médiocre. On prend un malin plaisir à être dans la confidence de l’une des plus grosses escroqueries de la fin du XXe siècle.

Eve Gimenez
4
Critique Mardi 12 Juin 2007 11:18:00 am

Souvent très drôle, extrêmement bien vu, et filmé à la bonne hauteur, c'est-à-dire au plus près qu'un quatuor d'acteurs impeccables, le film n'appartient qu'à Lola. De la bataille de merlans à la fête finale, la réalisatrice ne rate ni une scène ni un plan. Et, entre amoureux transi et hâbleur roulant des mécaniques, ne sacrifie pas un seul des personnages. Lola Doillon dit admirer L'esquive, de Kechiche. Elle n'a, dans son genre - souplesse de la mise en scène, probité de la démarche et sensibilité - rien à lui envier.

Sophie Grassin
4
Critique Mardi 12 Juin 2007 11:02:00 am

L'histoire commence comme un documentaire sur Tati Benitez, ramasseur de bois et fan de Maradona, avec témoignages de ses proches et plans hilarants sur son dos tatoué du numéro 10 ou sur ses perroquet hurlant inlassablement "Diegoooooooo!" Elle se poursuit par un road-movie qui manque parfois de ressort mais offre quelques belles rencontres, telle celle de ce routier brésilien (anti-Maradona donc) ou de ces ouvriers d'une tannerie en grève.

Isabelle Danel
4
Critique Mardi 12 Juin 2007 10:58:00 am

Le film de Rubin et Shapiro possède une telle force qu'au bout de dix minutes, on oublie totalement qu'il ne s'agit pas de fiction. Des joueurs dépassant leur handicap à ce coach hallucinant qui entraîne les Canadiens pour se venger d'une formation américaine l'ayant rejeté, chaque image de Murderball vibre d'une émotion aussi prenante que réelle, sans jamais céder au voyeurisme ou au misérabilisme. Du vrai cinéma, et du bon.

Mathieu Carratier
4
Critique Mardi 12 Juin 2007 10:53:00 am

L'essence du film est grave et forte, les procédés fins et justes. On se dit qu'il est facile de faire pleurer avec un tel sujet, mais la mise en scène, ici, fustige la sensiblerie et rend tout terriblement vivant: la ferme, l'amour, les bêtes... Et même la mort. Au final, une histoire d'amour à l'ancienne, mais des temps modernes. Tous les Roméo & Juliette, Tristan & Yseult n'ont qu'à bien se tenir...

Aline Paulhe
3 Critique Mardi 12 Juin 2007 10:48:00 am

Portrait d'une Amérique vue par trois jeunes réalisateurs français nourris au lait de la bannière étoilée, de son cinéma et de ses possibles, Kings of the world parcourt l'Ouest mythique de ce pays, de Los Angeles à Las Vegas, et donne à voir, dans des décors surcodés de motels, de ranchs, ou de terrains de mobil-homes, des hommes et des femmes de tous horizons politiques et sociaux. Le constat n'est pas univoque, il est aussi large et contradictoire que le pays lui-même.

Isabelle Danel
3
Critique Mardi 12 Juin 2007 10:43:00 am

Avec un tel sujet, Milos Forman, le roi du biopic aurait à coup sûr accouché d'un film à Oscar, dense et complexe. L'impersonnel Lasse Hallström se borne, lui, à illustrer les faits de façon appliquée. Ses limites apparaissent lorsqu'il s'agit d'autopsier la folie rampante du bonhomme ou de développer des théories vertigineuses. Reconnaissons-lui tout de même un mérite, rayon direction d'acteurs: Richard Gere a rarement été aussi consistant.

Christophe Narbonne
3
Critique Mardi 12 Juin 2007 10:35:00 am

Mystérieux, tel est le mot qui colle le mieux à l'univers du réalisateur thaïlandais Apichatpong Weerasethakul: mystère de ses titres, de ses intrigues, de ses plans aussi, ses films étant des objets filmiques à l'étrangeté aussi fascinante que déroutante. On peut pourtant dépasser cet aspect intimidant et s'abandonner avec délices à l'espèce de sidération que le cinéaste fait naître au fil de ses récits, toujours composés autour de la figure de la répétition.

Didier Roth-Bettoni
3
Critique Mardi 12 Juin 2007 10:29:00 am

La malédiction de l'épisode 3 a encore frappé. (...) Shrek 3 confirme une fâcheuse tendance. Routine, paresse, assurance du succès, les raisons à cette ritournelle ne manquent pas. Le présent épisode se contente principalement de capitaliser, avec une drôlerie intermittente, sur les personnages existants.

Christophe Narbonne
2
Critique Mardi 12 Juin 2007 10:22:00 am

Autant vous prévenir tout de suite: le film va au bout de son concept, et rien que pour ça, bravo ! Mais si la mise en scène et la photo réservent quelques bonne surprises, fallait-il que le scénario soit écrit au forceps? Après avoir posé les jalons réalistes et prometteurs du fait divers, A l'intérieur bascule dans le gore sensationnel nigaud avec des répliques aussi douloureuses que des contractions.

Stéphanie Lamôme
4
Critique Lundi 11 Juin 2007 5:37:00 pm

Les chansons d'amour, tragédie musicale scandée en trois parties sur un schéma similaire aux Parapluies de Cherbourg voit son talent prendre un nouvel élan, s'imposer, exploser. Voilà, on a dit ça, et on n'a rien dit de la grâce d'un film où chaque personnage possède sa partition, où les chansons - remarquablement écrites - prennent le relais d'une parole inapte à exprimer des sentimetns, où les ombres de Demy, d'Eustache, de Godard, de Truffaut, passent telles des ombres tutélaires, des pères de cinéma, une cohorte de fantômes amicaux.

Sophie Grassin
4
Critique Samedi 09 Juin 2007 9:07:00 pm

Ils sont rares ces films qui résonnent comme une ode à la mer. Master and Commander peut se targuer d’être de ceux-là. La mer y est filmée de façon experte, magistrale et la performance de Peter Weir (on lui doit Le cercle des Poètes disparus, Truman Show ou l’excellent Etat Second) surprend agréablement. C’est avant tout un spectacle, l’intrigue étant en fait assez secondaire voire légère mais aussi un voyage dont on ressort enthousiaste et étonné ce qui suffit en fin de compte pleinement.

Jean-François Morisse
4
Critique Samedi 09 Juin 2007 9:06:00 pm

Ceux qui attendent de Master and commander un blockbuster spectaculaire vont être servis. (...) La grosse logistique hollywoodienne est bien au rendez-vous. ceux qui attendent un minimum de profondeur -psychologique, pas abyssale- en auront aussi pour leur argent.

Christophe Narbonne
2
Critique Samedi 09 Juin 2007 8:57:00 pm

Qu’il est loin le temps d’Indiana Jones… Benjamin Gates ne joue pas dans la même division que son illustre aîné. La faute à ? Un Nicolas Cage peu convaincant dans le rôle de l’aventurier, une intrigue qui flirte de façon grotesque avec l’histoire et une mise en scène qui sait faire preuve d’une totale absence d’audace voire de talent. Pour ne pas être pénible on s’épargnera l’énumération des faiblesses de ce divertissement hollywoodien dont la suite, prévue pour la fin 2007, relèvera peut-être le niveau. L’espoir fait vivre.

Jean-François Morisse
3
Critique Samedi 09 Juin 2007 8:51:00 pm

A une époque où une partie (restreinte mais bruyante) du monde crie au « jihad » comment faut-il accueillir un film hollywoodien revenant sur la sanglante période des croisades ? Ridley Scott parvient toutefois à mettre en scène de façon digne et intelligente sans être trop manichéen et tout en évoquant avec habilité les intérêts politico-financiers inextricablement mêlés à ces guerres de conquêtes. Orlando Bloom abandonne ses oreilles d’elfe pour se glisser ici dans l’armure d’un chevalier (fatalement) plus honorable que ces condisciples.

Jean-François Morisse
4
Critique Samedi 09 Juin 2007 8:40:00 pm

Tout le monde l’attendait au tournant. Pour son retour Terry Gilliam avait pour mission implicite de nous en mettre plein la vue. C’est en tout cas ce qu’on semblait entendre autour de nous avant d’entrer dans la salle. Alors, la mission est à moitié accomplie et Gilliam livre un divertissement efficace aux décors sublimes, léger comme un conte de fée, amusant sans être désopilant et finalement tout à fait digeste sans que l’on crie toutefois au chef-d’œuvre. Faut-il être déçu pour autant ? Pas la peine de tergiverser, la réponse est non.

Jean-François Morisse
3
Critique Mardi 05 Juin 2007 4:29:00 pm

“ Œuvre mineure d’un génie en roue libre, Boulevard de la mort est un film sado-maso. Sado dans sa première partie où Stuntman Mike (initiales SM !!!), le tueur-cascadeur interprété par Kurt Russell, malmène puis viole une bande de bimbos, chaudes comme la b(r)aise, à l’aide de sa Chevy Nova customisée « à l’épreuve de la mort ». Maso dans sa seconde quand SM, confronté à d’autres pépées plus coriaces, passe un sale quart d’heure.

Nicolas Schaller
3
Critique Mardi 05 Juin 2007 3:03:00 pm

C'est peut-être la faiblesse de ce film par rapport aux chefs-d'oeuvre de Tsai Ming-Liang que de se disperser sur tant de personnages et d'histoires dont on a parfois l'impression qu'il ne sait que faire. Mais qu'importe. On reste sidéré par sa manière de proposer des plans fixes où rien ne se fige jamais, son sens incroyable du silence, sa gestion du temps, sa liberté dans la représentation du sexe...

Didier Roth-Bettoni
3
Critique Mardi 05 Juin 2007 2:50:00 pm

Légèrement teinté de surnaturel et filmé en lumière très crue, Ecoute le temps insuffle un certain malaise. Très dérangeante, cette maison presque vivante qui livre ses secrets souffre et se noue de plus en plus autour de l'héroïne. Effet réussi. En revanche, très vite, les fils de l'histoire s'emmêlent et les acteurs caricaturent leurs rôles tant dans a béatitude que dans le désespoir. Idem pour la galerie de personnages du village, pourtant inquiétants, mais qui sombrent eux aussi dans l'excès. A part Emilie Dequenne, qui, elle, irradie.

Aline Paulhe