3
Critique Mercredi 18 Juillet 2007 10:11:00 am

Observateur privilégié de la scène musicale anglaise(surtout punk), Julian Temple raconte, documents à l'appui, l'évolution du festival de Glastonburry depuis sa création il y a trente ans: l'organisateur entendait reproduire dans son jardin une version britannique de Woodstock, de façon artisanale et conviviale. Avec le temps, le festival est devenu un phénomène culturel qui ressemble davantage à une célébration celte qu'à un simple concert de plein air. Aujourd'hui, c'est devenu un gris business, avec barrières infranchissables et service de sécurité.

Gérard Delorme
2
Critique Mardi 17 Juillet 2007 10:58:00 am

Deux policiers, l’un trop bon, l’autre trop con, doivent travailler ensemble dans un village où il ne se passe rien. Si seulement, le réalisateur Edgar Whright, venu du milieu de la pub, ne tentait pas de nous faire croire à un semblant d’action avec un montage épileptique ! Concours d’humour britannique gras et de mimiques agaçantes, Hot Fuzz exaspère. Horripile même quand on entend les clichés sexistes récurrents. Et désespère si l’on s’attend à voir un vrai film d’action. Les flics de Hot Fuzz sont archi-chauds. Mais leur humour va en refroidir plus d’un.

Eve Gimenez
0
Critique Mardi 17 Juillet 2007 10:55:00 am

Présenté l’année dernière à Cannes dans la section Un certain regard, Le Feu sous la peau, de l’australien Paul Goldman, n’avait pas vraiment flambé la croisette. Cette histoire d’une manipulatrice parricide se la joue trash et provoc, mais nous rappelle surtout qu’en anglais, trash veut dire poubelle.

Mathieu Carratier
0
Critique Mardi 17 Juillet 2007 10:54:00 am

Comment transformer 1h30 de filles en bikini qui se mettent des coups de latte en purgatoire cinématographique? Demandez à Corey Yuen, dont le DOA: Dead or Alive, adaption du jeu vidéo éponyme, ferait passer le Street Fighter de Van Damme pour du Kurosawa.

Mathieu Carratier
3
Critique Mardi 17 Juillet 2007 10:45:00 am

Bad Boys à l'heure du thé (...). Un concept assez imparable qui, vu le tempérament des énergumènes, fait régulièrement des étincelles. Et s'ils allument à peu près tous les clichés hollywoodiens du genre, c'est pour mieux lui témoigner une affection hautement contagieuse. On regretterait presque qu'Edgar Wright ait décidé de raconter une histoire entre deux vannes, tant les scènes destinées à faire avancer le scénario pèsent sur un film qui aurait pu durer quinze minutes de moins et se passer d'un montage aussi épileptique.

Mathieu Carratier
4
Critique Mardi 17 Juillet 2007 10:41:00 am

Pour son premier long, Ryan Fleck a choisi de traverser un véritable champ de mines, prêt à sauter sur tous les clichés habituels du cinéma indépendant américain. Et en sort absolument indemne. Grave mais jamais plombant, cru sans être misérieux, puissant mais pas tape-à-l'oeil, Half Nelson avance dans l'obscurité de son sujet et trouve un interrupteur précieux: Ryan Gosling.

Mathieu Carratier
4
Critique Mardi 17 Juillet 2007 10:34:00 am

A very british gangster jette un éclairage inédit sur la vie dans les quartiers pauvres de Manchester et révèle l'existence d'une véritable société secrète parallèle au sein de laquelle Noonan joue, à sa façon, le rôle de maire de la ville. "Dans la journée, je fais du social. Je règle les problèmes des habitants", affirme l'intéressé avec un sérieux qui en dit long. Tout comme ce documentaire hors norme, construit et filmé à la manière d'une fiction, qui conjugue avec roublardise mais pertinence la puissance du 7e art à la force du scoop journalistique.

Nicolas Schaller
3
Critique Vendredi 13 Juillet 2007 4:10:00 pm

Des campeurs sont chargés par un Marshall mourant de ramener un assassin aux autorités. On s’attend à une chasse à l’homme riche en suspense, mais le réalisateur se perd vite dans un éloge de la nature. Une chose est sûre, on ne risque pas l’infarctus tant l’action fait défaut. Le tueur interprété par Morgan Freeman se sert plus de l’humour que de son flingue et seules quelques scènes de confrontation viennent nous sortir de notre torpeur et nous rappeler que Le Contrat est - enfin, se veut - un thriller d’action.

Eve Gimenez
0
Critique Jeudi 12 Juillet 2007 11:31:00 am

Dans Le Contrat, John Cusack tombe sur un fugitif en pleine forêt (Morgan Freeman) et se met en tête de le livrer à la justice. Il aura qu’à en profiter pour leur livrer également le réalisateur, Bruce Beresford, coupable d’un thriller grabataire qui sent terriblement le sapin.

Mathieu Carratier
3
Critique Mardi 10 Juillet 2007 2:43:00 pm

Après Pablo Trapero, Lucrecia Martel, Fabian Bielinsky, Veronica Chen et quelques autres, le dernier prodige de cette éclatante renaissance s'appelle Santiago Otheguy, 34 ans à peine et déjà un univers qui éclate dans ce premier long-métrage au noir et blanc intense. La caméra d'Otheguy capte chaque nuance du drame qui, peu à peu, se dessine et sur lequel la nature touffue va bientôt se refermer.

Didier Roth-Bettoni
4
Critique Mardi 10 Juillet 2007 2:39:00 pm

Avec sa libre bio de Joe Strummer, Temple ne se contente pas d'aligner les figures usuelles du film rock. Le documentaire, reposant sur un art subtil du montage, évoque la personalité complexe de Strummer, sa vie de famille ambiguë, sa soif éperdue de reconnaissance et sa trouille noire du succès. Le beau portrait de Temple - c'est tout son intérêt - témoigne de la singularité inconsolable de Jie Strummer et, à travers elle, d'une certaine idée du radicalisme et de la liberté.

Olivier de Bruyn
3
Critique Mardi 10 Juillet 2007 2:34:00 pm

Hostel 2 surprend assez vite avec un style presque langoureux, teinté d'une élégance baroque aux antipodes de la beaufitude du premier. Eli Roth, sous influence italienne, construit la première partie comme une angoissante fable gothique tirant le meilleur parti de son décor. En s'intéressant autant aux victimes potentielles qu'à leurs futurs tortionnaires, il dévoile un projet jusqu'ici absent de son cinéma: sonder les recoins glauques de l'âme humaine et tendre un miroir peu flatteur à une société qui brave les derniers interdits pour ressentir un vague sursaut de vie.

Mathieu Carratier
3
Critique Mardi 10 Juillet 2007 2:30:00 pm

La musique est l'âme d'un peuple, semble nous dire Bahman Ghobadi dans ce road-movie à la fois drôlatique et poétique, onirique et politique. (...) Ce constat, Ghobadi l'établit sur un ton plein de légèreté: la gravité de son propos où se mêlent la présence de la répression et l'omniprésence de la mort ne l'empêche pas, bien au contraire, de multiplier les péripéties comiques ou les notations fantasques au fil du voyage en bus conduisant Mamo vers son destin.

Didier Roth-Bettoni
4
Critique Mardi 10 Juillet 2007 2:25:00 pm

L'intrigue minimale n'est qu'un prétexte à mettre en scène les figures du genre, toujours euphorisantes lorsqu'elles sont bien executées. Dans ce domaine, To n'est jamais à court d'énergie ni d'imagination, surtout lorsqu'il est obligé de trouver une solution dans la seconde. Les meilleurs scènes ont ainsi un goût d'improvisation, même si elles reposent sur des siutations solidifiées par une ironie diabolique.

Gérard Delorme
4
Critique Mardi 10 Juillet 2007 2:17:00 pm

Madame Aldjeria qui s'autoproclame "bienfaitrice nationale" est l'incarnation de cette aspiration à la modernité qui est celle de tout le peuple. En cela, elle est infiniment touchante, à l'image de cette fiction généreuse, ni comédie, ni drame, ni film politique ni film d'amour, mais un peu de tout cela à la fois, qui ne cesse de faire voler en éclat les clichés si souvent apposés sur l'Algérie. Après les réussites du Harem de Madame Osmane et Viva Laldjérie!, Nadir Moknèche s'affirme comme le grand cinéaste et les plus pertinent des observateurs de son pays.

Didier Roth-Bettoni
3
Critique Mardi 10 Juillet 2007 2:14:00 pm

Portrait d'une jeune femme qui ne se laisse pas abattre, Le ciel de Suely raconte aussi le Brésil, sans misérabilisme ni folklore, avec simplicité et justesse: la campagne se dépeuple, les femmes restent seules, sans hommes, la détresse morale et sociale est terrible. Si l'on sait que le bonheur n'est pas toujours gai, le réalisateur de Madame Sata a la délicatesse de signer des films où le malheur n'est pas triste.

Isabelle Danel
3
Critique Mardi 10 Juillet 2007 2:07:00 pm

Julie Delpy possède le sens du dialogue et l'increvable volonté de travailler les clichés. Hystérique mais drôle, sa guerre des sexes filmée caméra à l'épaule lorgne du côté d'un cinéma américain indépendant politiquement impliqué (...). Les scripts de Julie Delpy se déroulent souvent sur un laps de temps très court, comme si l'énergie naissait de l'urgence. 2 days in Paris n'en manque pas.

Sophie Grassin
4
Critique Lundi 09 Juillet 2007 10:50:00 am

La fille coupée en deux (Ludivine Sagnier) est « partagée » entre son amour pour un écrivain pervers beaucoup plus âgé qu’elle et un mariage avec un milliardaire schizophrène. Le film s’ouvre sur un air d’opéra de Puccini et plonge d’emblée le spectateur dans un univers romantique. Tel l’illusionniste avec son public, Chabrol joue avec les spectateurs en alternant fausses pistes et vrais indices. L’atmosphère sexuelle qui se met peu à peu en place semble livrer une clé au spectateur sur la suite de cette histoire d’amour. Mais la réalité dénuée de romantisme prend rapidement le dessus.

Eve Gimenez
4
Critique Jeudi 05 Juillet 2007 5:17:00 pm

Pour ce cinquième opus, « tu perdras tout » annonce Voldemort à Harry. On ne perd ni notre temps, ni notre plaisir à regarder cet épisode très réussi, piloté par David Yates. Partant des 975 pages du bouquin, Yates en a fait le film le plus court des cinq : 2h18 ! Dédaignant les « inutilités » et empiétant (un peu) sur le sixième opus, le cinéaste trouve le rythme, soutenu, de la première à la dernière scène. On est attendri par les transformations physiques des acteurs, et impressionné par la justesse des personnages, des anciens comme des nouveaux.

Claire Fortier-Durand
0
Critique Jeudi 05 Juillet 2007 5:13:00 pm

Détourner un film étranger en doublant les acteurs avec des voix drolatiques, l’idée n’est pas neuve (La Classe américaine), mais on était en droit d’attendre un peu d’originalité de cet exemplaire bollywoodien, interprété (vocalement) par Légitimus, Bigard et Fougerolles…Raté. Les répliques incultes se succèdent, les running gags désolants s’enchaînent, ce pastiche a comme seul intérêt celui de nous faire (re)découvrir à quel point certaines productions indiennes peuvent être kitsch. Peut être aurait-il mieux valu distribuer l’original (Saajan Chale Sasural) en France.

Perrin Jusseaume
4
Critique Mardi 03 Juillet 2007 12:09:00 pm

Hairspray est un film niais. Oui et alors ? Hairspray, c’est une comédie musicale. C’est aussi un film qui traite des injustices (on trouve des noirs et des gros et en plus c’est eux les stars !). En fait Hairspray est un peu comme un gros tube de Smarties avec des blancs, des rouges, des gros et des noirs. Et puis c’est comme dans la pub quand le tube explose, Hairspray c’est plein de couleur, de chansons, de danses, de costumes … Je vous dis c’est pareil, ça explose !

Aude Fraïoli
4
Critique Mardi 03 Juillet 2007 11:45:00 am

Cette place à part occupe l'essentiel du dernier film d'Eytan Fox, que l'on pourrait définir comme une sitcom engagée et dont la légèreté apparente sert en fait à démasquer les tabous et les hypocrisies de la société israélienne. Le jeu initial devient beaucoup plus sombre lorsque la réalité rattrape le petit groupe, comme une parabole des menaces auxquelles Tel-Aviv pourrait bien, elle aussi, succomber si on n'y prenait garde.

Didier Roth-Bettoni
4
Critique Mardi 03 Juillet 2007 11:38:00 am

Pour son deuxième film en tant que réalisateur après le très sous-estimé Il était une fois le Bronx, Bob, 64 piges, empoigne un "énorme" sujet et retrouve l'intelligence aigüe des grandes fictions paranoïaques des années 70, genre Les hommes du Président. Modèle d'équilibre narratif, Raisons d'Etat brusque habilement la chronique du récit. Tire le meilleur parti de son gros boulot de documentation. Entraîne dans un labyrinthe aussi tortueux que les manigances des services secrets. Sans aucune forfanterie formelle.

Olivier de Bruyn
4
Critique Mardi 03 Juillet 2007 11:31:00 am

(...) Ce retour en enfer est un aller simple pour le bonheur. Celui de retrouver une vieille connaissance, John McClane, et de constater au bout de quelques minutes qu'il n'a pas changé: même grande gueule, même pugnacité, même charisme. Yipee-ki-yay! Bruce Willis ne s'était pas régalé comme ça depuis un bail. Nous non plus.Le film vous colle un sourire de gosse du début à la fin, enchaînant des scènes d'action plus énormes les unes que les autres et des répliques imparables comme si on était toujours en 88. John McClane n'a pas pris une ride.

Mathieu Carratier
3
Critique Mardi 03 Juillet 2007 11:26:00 am

Six ans après le piteux Bad luck!, Delirious renoue avec l'esprit "nouvelle vague" des premiers DiCillo: scénario un peu lâche, distanciation ironique, personnages à demi-incarnés. Motif récurrent chez DiCillo, la perte d'identité est au coeur de Delirious, qui se double d'une diaribe prévisible contre les attraits de la célébrité. Plus chroniqueur qu'éditorialiste, DiCillo passe à côté du "grand sujet" mais pas de ses personnages.

Christophe Narbonne
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Critique Mercredi 27 Juin 2007 10:20:00 am

Des jeunes touristes friqués recherchent au Brésil, plage, farniente, ivresse et sexe facile. Sur le modèle de Hostel, mais cette fois sur fond de trafic d’organes, John Stockwell (Bleu d’enfer) exploite très efficacement une formule d'actualité : l¹aventure exotique qui vire au cauchemar avec des accents de fable altermondialiste. L’auteur, confirme sa capacité à tourner des scènes d’action complexes, s’essaie au gore avec succès et persiste sans honte à plonger des filles en bikini dans des situations dangereuses. On ne va pas le lui reprocher.

Gérard Delorme
4
Critique Mardi 26 Juin 2007 3:26:00 pm

Caméra au poing et accompagnée de ses cadreurs, Jasmine Dellal parcourt le monde pour suivre des musiciens roms de cultures différentes. La tentation de verser dans le documentaire engagé est grande mais pourtant la réalisatrice préfère poser sa caméra sans intervenir. Jasmine Dellal pénètre dans l’intimité de cet univers rom et filme un concert aux musiques ensorcelantes L’ambitieuse promesse du film est tenue : transmettre la passion de ces personnes riches de leur musique.

Perrin Jusseaume
4
Critique Mardi 26 Juin 2007 3:10:00 pm

Survivre. Telle est l’unique obsession des détenus de la Maison Seré durant la dictature argentine. Sans jamais tomber dans le sordide, le réalisateur Adrian Caetano suggère la torture sans la montrer. Il mêle habilement l’horreur au suspense ajoutant à cela un soupçon d’action. Le parti pris esthétique du film traduit à la perfection l’inquiétude et la souffrance des détenus. Stupéfiant. Le résultat, unique, n’aurait toutefois pas vu le jour sans la performance exceptionnelle des principaux acteurs.

Eve Gimenez
4
Critique Mardi 26 Juin 2007 2:43:00 pm

Emerveillés, on découvre le film, qui réinvente le récit d'origine mais réussit l'exploit de provoquer le même effet euphorique et émotionnel. Inventif au détour de chaque scène, d'une simplicité déconcertante, Persepolis raconte l'oppresion, la trouille, le ridicule, la joie, les élans amoureux, érotiques, et des tonnes d'autres trucs sans jamais simplifier, édulcorer, édifier.

Olivier de Bruyn
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Critique Lundi 25 Juin 2007 5:02:00 pm

Quel personnage est le plus fragile de tous ? En suivant un pharmacien, une jeune héroïnomane, un flic, une jeune fille paumée, un réalisateur, une mamie mal dans sa peau, on perçoit quelques moments, on partage des bouts de vie. Et ça marche puisqu’on regarde ce film choral entre rires et larmes. Mais au bout d’un certain temps, on regrette que le réalisateur n’aille pas plus loin dans le scénario, ne travaille pas plus ses personnages, mais les laisse suivre leur bout de chemin, tous seuls. Il manque donc quelque chose à ce film pour qu’il entre dans la cour des grands.

Claire Fortier-Durand