5
Critique Lundi 30 Juillet 2007 2:06:00 pm

Les plans sur les corps et le travail ultrasensible sur la bande-son se chargent de l'essentiel: enregistrer, avec une douce puissance évocatrice, la quintessence d'une aventure intérieure et d'un émoi partagé...Il faut le reconnaître: la dernière partie, en Angleterre, souffre un tantinet d'intervenir après un tel tohu-bohu mystico-sensuel. Mais peu importe: la fresque est si intense et subtile qu'elle dynamite les a-priori moraux, les croyances pseudo-philosophiques, les certitudes cinéphiles. Inépuisable? Inépuisable.

Olivier de Bruyn
3
Critique Lundi 30 Juillet 2007 2:04:00 pm

Après Jumanji, la recette de l'écrivain pour enfants Chris Van Allsburg marche toujours. Mieux même car, avec Jon Favreau (Elfe) aux commandes, l'aventure initiatique se pare ici de punch et d'humour. De l'envol de leur maison à la cryogénisation de leur soeur aînée en passant par l'assaut du robot, l'attaque des Zorgons et l'intervention d'un astronaute affamé, les deux frangins ennemis traversent de sacrées péripéties et nous font passer un bon moment.

Isabelle Danel
5
Critique Lundi 30 Juillet 2007 12:49:00 pm

Avec ce film aux accents résolument fantastiques, Fruit Chan semble s'éloigner du réalisme auquel on associait habituellement son cinéma. Mais qu'on ne s'y trompe pas : Chan mérite plus que jamais sa réputation de commentateur lucide de l'évolution d'Hong Kong. D'autant qu'en jetant un pont vers la Chine continentale, il pointe les maux accumulés des deux systèmes pour dresser le tableau effrayant d'une société en voie de déshumanisation aggravée.

Gérard Delorme
3
Critique Lundi 30 Juillet 2007 12:35:00 pm

Amat Escalante, assistant de Carlos Reygadas sur Batalla en el cielo, filme, en Scope et en plans séquences entêtés, la routine conjugale de ces deux êtres aliénés dont l'univers semble se résumer à la trinité du sexe, de la nourriture et de la télé. Pourtant comme le héros de Batalla en el cielo, Diego va s'élever, ressusciter, retrouver un semblant de dignité. Pour cela il faudra une mort, celle de sa fille. Un vrai film de cinéma.

Sophie Grassin
2
Critique Lundi 30 Juillet 2007 12:27:00 pm

D'ordinaire, Disney sortait directement les suites de ses classiques en K7 et en DVD. Le changement de stratégie, depuis Peter Pan 2, obéit à la règle marketing qui veut qu'une sortie en salles donne du crédit au film , qui s'écoule mieux ensuite en magasin. Produit d'appel plutôt soigné techiquement, Bambi 2 raconte comment le faon, orphelin de sa maman, tente de se faire respecter par son père. Très loin de la poésie et des ambitions esthétiques de l'oeuvre originale, ce Disney méli-mélo exclut les plus de 6 ans.

Christophe Narbonne
3
Critique Lundi 30 Juillet 2007 12:22:00 pm

Si vous aimez les contes fantastiques, ce film d'Yves Caumon est pour vous (...) Il y a du Buster Keaton chez Bernard Blancan et une évidente drôlerie dans les touches successives de ce film poétique et coloré. Jeux de regards récit, comme Amour d'enfance, d'un attachement régressif à un lieu aimé, Cache-cache pratique un burlesque à répétition qui tend parfois à s'essouffler.

Sophie Grassin
4
Critique Lundi 30 Juillet 2007 12:15:00 pm

Hymne à la vie simple, le film à la lisière du documentaire et de la fiction, observe les travaux et les jours d'une véritable famille (...) La campagne ou la ville, le confort spartiate ou la modernité, le nomadisme ou la vie sédentaire, les croyances ou la logique : la réalisatrice ne joue pas les uns contre les autres mais porte un regard d'entomologiste passionnée sur un mode de vie en voie de disparition.

Isabelle Danel
4
Critique Lundi 30 Juillet 2007 12:07:00 pm

Croisement malade entre Bad Santa et Fargo, enfant illégitime du film noir et du conte de Noël trash, Faux Amis mettra du baume au coeur de tous ceux que l'homme en rouge met en boule. Malgré tous ces défauts, il y a vraiment quelque chose de jouissif dans cette série B dissonante.

Gael Golhen
4
Critique Lundi 30 Juillet 2007 11:56:00 am

Vers le Sud brusque et remue, mais son intensité dérangeante n'entretient aucun rapport avec le didactisme des films à thèse. Pour la première fois, le cinéaste avec une délicatesse qui n'a d'égal que son âpreté et son exigence met en scène des héroïne. Des femmes, la cinquantaine, violemment renvoyées à des pulsions d'ordinaire refoulées dans le cocon factice qui leur tient lieu de vie (...) Son film discrètement impressionnant, laisse des traces. Belles et profondes.

Olivier de Bruyn
2
Critique Lundi 30 Juillet 2007 11:45:00 am

Le fil conducteur de ce documentaire est une femme de 50 ans, Mai, née en 1954 d'une mère vietnamienne et d'un père français. Du silence qui a entouré sa naissance au silence actuel de son père, communiste envoyé en Indochine sous le nom d'André pour y combattre la "sale guerre" menée par la France et qui refuse de témoigner, le film remonte la piste à travers la parole d'autres témoins de l'époque. La réalisatrice redonne bien sa place à la guerre d'Indochine mais montre aussi son "héroïne" silencieuse, troublée et donc troublante, devant l'impossible biographie.

Isabelle Danel
2
Critique Lundi 30 Juillet 2007 11:40:00 am

Pour son passage derrière la caméra, Charles Dance, acteur de théâtre anglais surtout connu chez nous pour son rôle de méchant dans Last Action Hero, s'est bien entouré. Mais les deux actrices labélisées Shakespeare ne font pas tout. Dance laisse f(l)âner sa jolie petite histoire sur fond de grande, pleine de non-dits qui n'en disent pas très longs. Bref, des dames bien trop pépères.

Nicolas Schaller
3
Critique Lundi 30 Juillet 2007 11:33:00 am

Portrait d'une femme silencieuse qui semble ne ressentir ni joie ni douleur, Guernesey procède par petites touches pour dire le malaise, la communication devenue impossible entre Anna et les siens. Cette finesse d'observation et la présence de comédiens épatants emportent le film à mille lieues de l'analyse vaine et déprimante.

Isabelle Danel
2 Critique Lundi 30 Juillet 2007 11:29:00 am

Images (superbes) de paysages désolés où une poignée de personnages tente de survivre. C'est l'après-guerre et l'incongruité de la vie qui reprend ses droits après la souffrance et le deuil. Impressionniste et touffu, ce premier long venu du Sri Lanka peut aussi sembler long et obscur.

Isabelle Danel
3
Critique Lundi 30 Juillet 2007 11:17:00 am

Il y a beaucoup de choses prometteuses dans le premier film de l'Anglais Laurence Dunmore : un casting prestigieux; une réflexion pleine de bon sens sur le pouvoir; une mise en scène picturale. Comment expliquer, alors, un tel ratage ? L'origine théâtrale du projet, sans nul doute. Le texte brillantissime, a beau mettre en valeur les acteurs, il finit par assimiler le film à un long et monotone happening scénique.

Christophe Narbonne
4
Critique Lundi 30 Juillet 2007 11:09:00 am

Il a fallu au cinéaste toute sa virtuosité pour réaliser un thriller politique exceptionnellement riche et stimulant (...)On a souvent l'impression que les images sont dictées par les évènements, comme s'il n'y avait eu qu'une seule prise. En même temps chaque plan est précisément pensé. La reconstitution du massacre de Munich ne prétend pas à l'objectivité.

Gérard Delorme
3
Critique Lundi 30 Juillet 2007 10:59:00 am

A grand renfort de documents et témoignages inédits, il offre un tableau assez complet de l'affaire des otages israéliens aux JO de Munich de 1972 (...) Dommage que la qualité des informations soit altérée par un traitement sensationnaliste, quelques commentaires incongrus et un choix de musiques douteux.

Gérard Delorme
2
Critique Lundi 30 Juillet 2007 10:54:00 am

Pavel Lounguine (Taxi Blues; La Noce) traite de question grave et ne se départit jamais d'une fantaisie censée tout emporter sur son passage. Hélas, il semble cavaler sans cesse après son script débraillé ses personnages incertains, sa mise en scène en sur-régime. Résultat : l'energie féroce rime ici trop souvent avec volontarisme hystérique. Décevant...

Olivier de Bruyn
3
Critique Lundi 30 Juillet 2007 10:16:00 am

Militant antiraciste, Andreas Gruber poursuit ici son combat sous l'angle de la comédie. Son inversion des rôles est un peu facile mais le film a le mérite de ne jamais tourner à la démonstration édifiante. On en oublierait presque la conclusion, amère et trop vite expédiée, qui détonne avec la douce ironie de l'ensemble.

Benjamin Mallet
4 Critique Lundi 30 Juillet 2007 10:04:00 am

S'inspirant de témoignages vécus, le cinéaste Lu Chuan a concentré sur dix jours un récit mouvementé qui passe en revue les principaux aspects de la vie extrêmement dure des patrouilleurs (...) Le film tient du western, du documentaire, du film d'aventures. Le plus stupéfiant c'est que les faits dont il s'inspire se sont déroulés il y a plus de dix ans. C'est l'une des meilleures surprises de ce début d'année.

Gérard Delorme
3
Critique Vendredi 27 Juillet 2007 12:40:00 pm

Cette relecture du conte de Perrault joue parfaitement du décalage, aussi bien scénaristique (le Petit Chaperon rouge, la grand-mère et le loup sont embarqués au poste pour un trafic non élucidé de cookies!) que narratif (multiplication des points de vue, façon Rashomon). Quant à l'humour, grotesque et parodique, il rappelle, sans rougir de la comparaison, les délires shrekiens. La forme, faute de moyens, laisse davantage sur sa faim: animation et direction artistique renvoient à l'âge de pierrre du genre.

Christophe Narbonne
4
Critique Vendredi 27 Juillet 2007 12:33:00 pm

Les beaux plans-séquences, secs et farouches, privilégient les non-dits, les regards butés qui expriment la méfiance et l'effroi. Inspiré et radical, Faucon, en creusant profond la violence ambiguë d'un épisode particulier, cerne les contradictions d'une époque. Beau travail.

Olivier de Bruyn
4
Critique Vendredi 27 Juillet 2007 12:26:00 pm

On s'émeut autant qu'on s'amuse à la vision de ces animaux turbulents et couillus dont la capacité à se transformer prend des allures fantastiques. Mais assez vite, le conte se fait grinçant lorsqu'il retrace avec de plus en plus d'évidence l'histoire du Japon au lendemain de la seconde guerre mondiale.

Gérard Delorme
3
Critique Vendredi 27 Juillet 2007 12:21:00 pm

La prose virevolte, la photo chatoie...Bref, le réalisateur remplit son contrat, sans fierté ni préjudice. Quant au personnage de Mark Darcy, quintessence du héros romantique, c'est au fade Matthew MacFadyen de se le fader. Très bon dans l'aigreur digne, il n'a pas un dixième du charisme requis. Rendez-nous Hugh Grant!

Nicolas Schaller
3
Critique Vendredi 27 Juillet 2007 12:12:00 pm

Bien que ce thriller n'ait aucun scrupule à recourir aux procédés les plus rebattus du genre (le duo de flics mal assortis, l'intervention d'un deus ex machina...), son intrigue à tiroirs et son atmosphère le placent au dessus du lot. Sans un ultime et regrettable rebondissement, il accéderait même au rang des films dont il se réclame, d'Usual Suspects à Ocean's Eleven.

Benjamin Mallet
2
Critique Vendredi 27 Juillet 2007 12:07:00 pm

Anne Villacèque, auteur d'un premier film dérangeant, Petite Chérie, entend dénoncer ici le culte de l'apparence, la dictature des faux-semblants et l'inanité d'une société concentrée sur sa jouissance. Hélas, malgré la mise en scène, on peine à croire aux actes des personnages. Un "détail" qui ne pardonne pas, même sur la Riviera.

Sophie Grassin
3
Critique Vendredi 27 Juillet 2007 12:02:00 pm

Les gags parodico-artisanaux (le dindon-alien, 2001 : L'Odyssée de l'espace version Enrico Macias) marchent symptomatiquement beaucoup plus que les dialogues (le running gag sur les origines bretonnes de Marina Foïs). Dommage qu'après Mais qui a tué Pamela Rose?, Eric Lartigau, Kad et Olivier aient voulu davantage écrire leur délire comique.

Stéphanie Lamôme
4
Critique Vendredi 27 Juillet 2007 11:49:00 am

" Western gay", "Autant en emporte le vent queer": on a eu vite fait de catégoriser le film dans la rubrique curiosité, rayon "Pour ou contre le mariage homosexuel". Peu importe si Jack et Ennis s'aiment parce qu'ils sont homosexuels ou s'ils sont homos parce qu'ils s'aiment. Avant tout Le Secret de Brokeback Mountain, lion d'or à Venise, est une histoire d'amour fou étalée sur 20 ans entre deux êtres forcés de renier leur raison d'exister pour continuer à vivre.

Stéphanie Lamôme
3
Critique Vendredi 27 Juillet 2007 11:41:00 am

Cette autofiction déguisée en conte de fées est celle d'un homme mal dans sa peau qui ne supporte pas son reflet. Celle d'une âme blessée qui s'est confectionnée une carapace de méfiance au point de se rendre souvent antipathique. Celle d'un être humain qui ne s'aime vraiment pas - alors comment pourrait-il aimer les autres? Luc Besson a mis dix ans pour parvenir à exprimer cette part enfouie de lui même. Il le fait à tâtons. Avec pudeur.

Ghislain Loustalot
4
Critique Vendredi 27 Juillet 2007 11:38:00 am

La plus grande réusssite de King Kong, c'est ce singe surdimensionné qui respire, se déplace et émeut avec un naturel confondant. Si vous doutez qu'un tas de pixels puisse vous arracher des larmes, voilà une belle occasion d'avoir tort.

Mathieu Carratier
5
Critique Jeudi 26 Juillet 2007 12:16:00 pm

Le champ lexical pour définir le nouveau Pixar est vaste. Commencez avec fantastique, prodigieux et remarquable et vous aurez alors une idée des territoires linguistiques à explorer. Outre la très grande maîtrise technique et technologique (un travail bluffant sur les textures, le mapping, l’animation, la gestion des liquides…) qu’une fois encore le studio déploie on ne peut que tomber sous le charme de cette histoire absolument rocambolesque et néanmoins totalement séduisante. Pixar parvient encore à nous distraire et nous émouvoir avec les plus improbables des héros : des rats.

Jean-François Morisse