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Krank

Bourré de bonnes intentions, ce premier film sur l’enfer de l’addiction est desservi par une interprétation hésitante (on dirait que les acteurs se livrent à des exercices de théâtre filmés) et une mise en scène qui souffre d’un manque de moyens évident (image plate, montage approximatif). Il souffre aussi de la comparaison avec le récent La fête est finie qui traitait d’un sujet approchant.

Christophe Narbonne
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Le Labyrinthe : Le remède mortel

Les Blocards échappés du Labyrinthe doivent retrouver leur compagnon Minho, détenu par l’organisation WICKED qui cherche à guérir le mal qui ronge la terre en faisant des expériences sur les jeunes sujets du Labyrinthe. Thomas, Newt et leur équipe de rebelles se lancent à sa recherche, à travers les méandres de la Dernière Ville, QG de l’état totalitaire dirigé par WCKD.

Leïla De la Vaissière
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Stronger

Il y a quelques mois sortait Traque à Boston, action movie dopé à l'adrénaline dans lequel Mark Wahlberg coursait contre la montre les auteurs des attentats du marathon de Boston, perpétrés en 2013.

François Rieux
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Cro Man

Un long travelling arrière où des hommes préhistoriques s'entretuent avant de découvrir le football grâce à la météorite qui a tué les dinosaures; un cro-magnon dont le meilleur ami est un gros caillou ; une chasse à un lapin espiègle qui tourne mal. Non, décidément, tout le génie d'Aardman tient dans ces micro-moments, ces petites boulettes d'humour où le talent minutieux des artisans de Bristol fait des merveilles ; où la plasticine est changée en or. Malheureusement, Cro Mancontient bien peu de ces pépites au-delà de la liste qu'on vous donne.

Sylvestre Picard
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Jusqu'à la garde

On a rarement écrit ce genre de phrases par ici, mais Jusqu’à la garde est d’une perfection quasi-absolue. Un morceau de cinéma qui n’a pas grand-chose à voir avec le gros de la production française habituelle. Un premier (!!) long-métrage qui possède une puissance expressionniste étourdissante, empile les images à la composition folle et fait jaillir des plans qui hantent le spectateur pour longtemps.

Gael Golhen
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Ni juge ni soumise

Elle est marrante la juge. Elle conduit une vieille 2CV, tance un voyou en lui expliquant que, désolée, mais cette fois-ci elle va être obligée de le foutre en taule parce qu’on ne peut pas agresser les gens à répétition comme ça. Elle s’amuse avec les flics en leur demandant de mettre le pimpom dans les embouteillages bruxellois, questionne une prostituée sur ses meilleures techniques de branlette. La musique fanfare, le générique dessinée, le principe mi-voyeur mi-roublard.

Gael Golhen
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Le voyage de Ricky

Ricky, un moineau recueilli par des cigognes, est abandonné par ses parents adoptifs lorsque la famille part migrer en Afrique. L’oiseau commence un voyage mouvementé pour retrouver sa famille de l'autre côté de la Méditerranée. Ce copié-collé allemand du Monde de Nemo s'adresse en priorité aux plus petits. Mais que les adultes ne s’imaginent pas non plus la séance à roupiller.

Sylvestre Picard
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England is mine

C’est l’histoire de Steven Morrissey avant qu’il ne devienne leader des Smiths. L’adolescent dépressif sous l’icône de la pop anglaise. Un petit film sur la petite histoire, en forme de « coming-of-age story » dans le Manchester blafard des années Thatcher, dont les contraintes de productions font office de carburant. N’ayant pu utiliser les chansons de l’artiste, Mark Gill se rabat sur celles qui ont construit sa personnalité. Ne pouvant piocher dans ses citations au vitriol, il imagine une voix off « à la manière de » plutôt ressemblante, mais fatalement édulcorée.

Michaël Patin
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Agatha, ma voisine détective

Détective en herbe, Agatha Christine, 10 ans, commence à enquêter sur son jeune voisin d’en face dont le comportement lui paraît suspect… Ce premier film d’animation danois s’adresse en priorité aux 6-12 ans. Avec son graphisme à plat stylisé, ses seconds rôles archétypaux (la mère seule volontaire, la grande sœur vacharde, le garçon ténébreux) et son héroïne bienveillante mais maladroite, Agatha… assure l’essentiel, sans surprendre.

 

Christophe Narbonne
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Human flow

Aujourd’hui, plus de 65 millions de personnes fuient leur pays par la force des choses (famine, guerre, climat) mais au lieu d’agir, la société mondialisée détourne lâchement les yeux. Heureusement, grâce à Ai Weiwei, vous allez enfin pouvoir les observer, ces pauvres migrants. Et de près. Durant un an, la star de l’art contemporain installée à Berlin a supervisé un tournage pharaonique dans pas moins de 23 pays, se rendant aussi sur place.

Eric Vernay
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Revenge

En matière de films d'horreur aujourd'hui, tout est question de cannibalisme (et de digestion) : que faire une fois qu'on a bien dévoré tous les maîtres ? Coralie Fargeat, déjà réalisatrice d'un joli court de science-fiction transhumaniste (Reality+), a visiblement un métabolisme efficace. Revenge raconte donc comment Jennifer, maîtresse d'un riche homme d'affaires, se fait violer par l'un de ses amis pendant une par

Sylvestre Picard
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Vivi y stras ficciones

Antonio est écrivain et tétraplégique. Activiste, il milite pour que les personnes souffrant d’un handicap puissent assouvir leurs besoins sexuels. Forcément, cela interpelle et peut déranger. C'est le cas pour l’aide-soignante mais aussi pour l’assistant de vie d’Antonio, qui ne comprennent pas puis qui ont du mal accepter que leur patient fasse appel à une prostituée et utilise son appartement comme maison close. Sur fond de progressisme, Jo Sol met en avant le quotidien difficile de ces hommes et de ces femmes qui chaque jour vivent dans l’ombre des valides.

Alexandre Bernard
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The Ride

Des cavaliers Sioux qui avancent au galop dans de vastes plaines, plumes et bâtons de prières fièrement brandies, comme en parfaite communion avec la nature : ces images cinématographiques bien connues s’invitent dès les premières minutes de The Ride et portent en elles la force épique escomptée. Mais la particularité du remarquable documentaire de Stéphanie Gillard est de doter ces plans d’une dimension plus sensible et empathique que jamais.

Damien Leblanc
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The Ride

Des cavaliers Sioux qui avancent au galop dans de vastes plaines, plumes et bâtons de prières fièrement brandies, comme en parfaite communion avec la nature : ces images cinématographiques bien connues s’invitent dès les premières minutes de The Ride et portent en elles la force épique escomptée. Mais la particularité du remarquable documentaire de Stéphanie Gillard est de doter ces plans d’une dimension plus sensible et empathique que jamais.

Damien Leblanc
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Les Tuche 3

Après avoir gagné 100 millions d’euros au loto et être parti en road trip aux États-Unis, la famille Tuche se retrouve cette fois… à l’Élysée. Jeff Tuche, devenu maire de Bouzolles, se présente à l’élection présidentielle pour tenter de faire passer le TGV par sa commune et arrive au plus haut sommet de l’État, grâce à une série de circonstances improbables.

François Léger
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Wonder Wheel

Devant les films majoritairement oubliables que Woody Allen tourne depuis une vingtaine d’années, on se dit qu’il ferait peut-être mieux de tourner à un rythme moins soutenu et de regrouper dans un seul film toutes les bonnes idées qu’ils éparpillent au sein de sa production pléthorique.

Frédéric Foubert
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Une saison en France

Mahamat-Saleh Haroun est le tout premier cinéaste tchadien de l’histoire. Logique donc qu’il ait jusque-là consacré ses longs métrages à son pays, rongé par des guerres civiles à répétition, avec en point d’orgue, Un homme qui crie, Prix du Jury à Cannes en 2010. Mais avec Une saison en France, il pose sa caméra à l’intérieur de nos frontières pour parler immigration, droit et devoir d’asile. On y suit le quotidien d’Abbas, prof de français, qui a fui la guerre en Centrafrique pour poser les bases d’une nouvelle vie en France, avec ses enfants.

Thierry Chèze
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Oh Lucy !

Prolongement d’un court-métrage à succès de la réalisatrice, cette étonnante comédie dramatique japonaise met en scène une employée de bureau dépressive qui se découvre une énergie insoupçonnée grâce à des cours d’anglais où elle porte une perruque blonde et peut se libérer de ses inhibitions. Quand le professeur, dont elle s’est entichée, quitte Tokyo pour la Californie, notre héroïne part sur les routes américaines en quête d’émotions exacerbées mais potentiellement douloureuses.

Damien Leblanc
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Gaspard va au mariage

Le film commence comme le dernier Klapisch : le fils préféré revient au bercail où il retrouve sa sœur et son frère qui ont géré l’affaire familiale en son absence. Certes, un zoo remplace le domaine viticole, le père n’est pas mort et Gaspard est célibataire mais la photo d’ensemble est à peu près la même. Il s’agit dans les deux cas de faire le deuil de l’enfance et d’entrer de plain-pied dans l’âge adulte.

Christophe Narbonne
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Zéro phyto 100% bio

Oui, en France, il est possible de manger bio pour moins cher ! Intéressante initiative  que celle de Guillaume Baudin d’aller à la rencontre des municipalités qui mettent en place des cantines bio se passant de pesticides. Sur la forme, hélas, le documentaire juxtapose les témoignages de manière très austère. 

Sophie Benamon
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Sparring

Impossible de ne pas établir de liens entre le premier plan du film, qui suit Mathieu Kassovitz monter sur un ring, et le premier combat professionnel de celui-ci, en juin dernier. Son partenaire à l’écran, Souleymane M’Baye (ex-champion du monde WBA des super légers), n’est-il pas son mentor et entraîneur depuis le tournage ? La séquence où Tarek M’Barek (joué par M’Baye), en lice pour le championnat d’Europe, donne méchamment la leçon à Steve Landry (Kasso), son “sparring” (partenaire d’entraînement), peut ainsi se voir comme l’incipit de leur future collaboration.

Christophe Narbonne
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Non

Ce Chute libre basque raconte le pétage de plombs d’un chômeur, suite à un contrôle de gendarmerie inopiné. Approximativement interprété mais armé de bonnes intentions, traversé de scènes gore grotesques mais monté furieusement, Non déroule son discours anti-patronat et anti-système avec une sincérité évidente. Du cinéma très bis pour amateurs.

Christophe Narbonne
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Mémoires du 304

Le commandant Valmy (Karine Valmer) du 304 est à la tête d’une enquête sur la mort de Sauveur (Antoine Martin Sauveur), un agent de la maison chargé d’une affaire de corruption politique entre le parlement européen et la mafia parisienne.
Pour son premier film, Pascal Luneau signe un polar viril bien ficelé, fortement inspiré de l’univers de 36 quai des Orfèvres et Braquo d’Olivier Marchal. Rythmé par des flashbacks et scènes d’actions réussies, Mémoires du 304 souffre toutefois d’une interprétation approximative qui dessert son ambition. 

Alexandre Bernard
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L'insulte

C’est un échange vif comme il en existe tant. Une réplique blessante qui en appelle une autre. Une tension qui monte à vitesse grand V avant que, généralement, les esprits finissent par s’apaiser et que tout rentre dans l’ordre. Sauf que l’altercation qui ouvre L’Insulte ne se déroule pas dans n’importe quelle ville et n’oppose pas n’importe quels individus. Elle a lieu au cœur de Beyrouth et implique un nationaliste chrétien et un réfugié palestinien (Kamel El Basha, primé à Venise).

Thierry Chèze
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Voyoucratie

À sa sortie de prison, Sam est rattrapé par ses vieux démons et une amitié embarrassante. La présence lointaine de son fils l’aidera-t-elle à surmonter sa descente aux enfers programmés ? Biberonnée aux polars américains, une nouvelle génération de cinéastes français tente de sur-affirmer son amour du genre dans des films “à la manière de” (Scorsese, Mann, Fincher, etc). Dans Voyoucratie, on jure tout le temps, on saigne beaucoup mais ce n’est pas suffisant pour faire passer des vessies pour des lanternes.

Christophe Narbonne
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The Passenger

C’est, déjà, la quatrième collaboration entre Liam Neeson et le réalisateur Jaume Collet-Serra (après Sans IdentitéNon-Stop et Night Run). Le train-train, quoi. Et, cette fois-ci, littéralement : The Passenger est une déclinaison de Non-Stop dans un train de banlieue. Liam Neeson joue un ancien flic qui a cinq stations et 90 minutes pour retrouver les méchants infiltrés dans la rame.

Frédéric Foubert
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Marie Curie

On croyait l’Europpuding désuet. Cette coproduction franco-germano-polonaise apporte la preuve du contraire. Joué par des acteurs de nationalités différentes affreusement doublés, ce biopic de la fameuse chimiste française, née en Pologne, rend maladroitement hommage à cette pionnière du féminisme qui dut affronter une communauté scientifique hostile aux femmes chercheuses. Dommage, car l’actrice principale, Karolina Gruszka, irradie –sans jeu de mots.

Christophe Narbonne
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La Douleur

Paris, l’Occupation. La jeune Marguerite, employée dans une maison d’édition et déjà écrivaine, attend dans l’angoisse le retour de son mari, le résistant Robert Antelme, fait prisonnier en 1944. L’attente de Marguerite est d’abord comme celle des autres, pénible mais acceptable, avant de devenir insoutenable à la Libération. Les prisonniers rentrent des camps mais, parmi ce compte-gouttes de miraculés, point d’Antelme. Alors la terrible peine bat croissant aux tempes de la jeune femme, qui s’y laisse couler.

Anouk Brissac
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Fortunata

Coiffeuse à domicile sillonnant la banlieue de Rome sur ses talons hauts, mère déboussolée d’une petite fille de 8 ans, presque divorcée d’un mari abusif et violent, Fortunata porte à première vue mal son nom. Ni fortunée, ni chanceuse, elle s’inscrit dans une longue tradition de portraits de mères courage, toujours au bord de la crise de nerfs mais animées d’une force vitale que rien ne peut arrêter.

Michaël Patin
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Pentagon Papers

Alors que la notion même de Nouvel Hollywood s’évapore de plus en plus, Steven Spielberg assume sans complexe son statut de cinéaste du XXe siècle en citant une fois de plus John Ford dont il semble, depuis Lincoln et Cheval de guerre, reproduire ou prolonger méthodiquement quelques films à sa propre manière. Cette fois, en défendant la liberté d’informer face à un pouvoir qui règne par la force et l’intimidation, il renvoie à L’homme qui tua Liberty Valance.

Gérard Delorme