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On a parlé de singes, de Star Wars, du Livre de la jungle, de performance capture et de théâtre avec l'acteur le plus branché au monde : Andy Serkis.

Si on pensait qu'Andy Serkis était une espèce de chaman punk qui s'arrache une dent sans anesthésie chaque fois qu'il joue un mec blessé, on en a été pour nos frais. En vrai, Andy est charmant, modeste et généreux. Et il assume complètement son meilleur rôle : celui du prophète de la performance capture qui fait fusionner le jeu d'acteur et la technologie la plus pointue dans une dimension inouïe depuis une certaine trilogie de fantasy initiée en 2001. En 2017, il est devenu un véritable corps de cinéma, peut-être bien l'un des seuls vrais corps de cinéma puisque ce corps initie et appelle la transformation : sans lui, sans son Gollum, il n'y aurait certainement pas eu de films audacieux comme Avatar, Les Aventures de Tintin, ou évidemment la renaissance de la franchise La Planète des Singes. Alors que la quête du singe Caesar -qui fait écho à celle de Serkis pour repousser les limites de la technologie- touche à sa fin dans le troisième film Suprématie, on a donc rencontré en chair et en os (enfin on l'espère) un pionnier.

En 1996, vous avez joué dans le clip de Neneh Cherry, « Woman ». On vous voyait en train de séduire puis frapper une femme invisible. C'est un peu prophétique, non ?
Jamie Thraves, le réalisateur, m'avait vu jouer au théâtre dans une pièce appelée Mojo. Il voulait quelqu'un qui puisse faire apparaître quelque chose née de la pure imagination.

Et plus de vingt ans plus tard, vous voilà. Est-ce que votre statut actuel est dans la continuité de votre formation théâtrale ?
En 1993, je jouais dans une pièce appelée Hush. Je jouais Dogboy, un jeune SDF avec des problèmes psychologiques. Dans la pièce il joue avec un chien imaginaire et il le tue. Puis il est possédé par l'esprit du chien. Après je me mettais à poil -en fait je passais toute la pièce nu sur scène- et Dogboy pénétrait dans une maison bourgeoise. La pièce étudiait les réactions des habitants face à Dogboy. Certains avaient peur, d'autres appelaient la police, d'autres essayaient de l'apprivoiser...Ce qui était intéressant, c'était les moments où Dogboy devait agir comme un chien mais sans bouger. Il fallait que je devienne un animal en permanence, pas seulement en aboyant ou en me déplaçant. Avec le recul, ce rôle a été pivotal pour m'aider à jouer Gollum, plus tard. Cette notion de devenir autre.

Voyez-vous les rôles comme des masques qu'il suffit de porter pour se transformer ? Faites-vous surgir quelque chose de votre intérieur ou est-ce quelque chose d'extérieur ?
C'est une bonne question. J'ai eu la chance de travailler avec des directeurs de théâtre qui ont remis en cause très tôt ce que je croyais que jouer voulait dire. Ils me demandaient pourquoi je voulais être acteur. Jouer un rôle n'est pas un acte égoïste qui ne veut rien dire, ce n'est pas l'expression de notre narcissisme. Jouer un rôle c'est vouloir changer la société. C'est un acte politique. Tu es payé pour rendre un service : travailler ton rôle, présenter le résultat de tes recherches sur scène, les incarner. Les donner au public. C'est accomplir quelque chose comme le faisaient les chamans autour des feux de camp il y a des milliers d'années. C'est du storytelling. Le théâtre, le cinéma, la télévision, en fait n'importe quelle expression artistique change la société. Amuser, d'accord, mais agiter. Faire penser les gens. C'est ce qui me motive. Tout mon processus de jeu vient de là. Mon processus de jeu a changé au fur et à mesure de mes rencontres avec les réalisateurs -avec leur méthodologie. Mike Leigh, Peter Jackson... Pour moi, un rôle, c'est se soumettre au microscope pour faire réfléchir et faire émouvoir le public.

Vous mettez le réalisateur au centre de votre travail sur un film ?
Ca dépend. Certains aiment collaborer, d'autres sont dans la confrontation. D'autres sont de vrais égocentriques... Ce n'est pas un processus dépourvu d'égo, évidemment. Quand j'étais jeune acteur, je débarquais en affirmant "voilà ce que je pense, voilà comment je vais jouer ", point barre. C'est une erreur parce qu'on apprend beaucoup plus avec la collaboration. "Voilà ce que je pense, maintenant parlons de comment on va vraiment le faire, créons-le ensemble". Je m'en suis rendu compte encore plus maintenant que je suis réalisateur.

Vous avez toujours voulu réaliser ?
Oui. Avant d'être acteur, j'ai étudié les arts visuels. Je voulais peindre.

Vous vouliez faire des affiches de films, c'est ça ?
Oui ! Exactement. J'ai fait des affiches de théâtre, puis des décors de pièces, et puis je me suis lancé dans la comédie... J'ai mis dans le jeu d'acteur toutes mes pulsions artistiques, pour ainsi dire. Au moment où Le Seigneur des Anneaux est arrivé dans ma vie, j'avais déjà tourné des courts-métrages et écrit des scénarios. Plus tard Peter m'a demandé de diriger la deuxième équipe du Hobbit. Puis on a fondé l'Imaginarium, puis il y a eu Le Livre de la jungle...

Si on pouvait d'abord revenir aux affiches...
Je faisais des affiches dans les années 80, sous Thatcher, et les pièces étaient très orientées politiquement. Mon style c'était dessiner des personnages hyper réalistes sur des paysages surréalistes.

Le théâtre vous manque ?
Oui. La dernière fois c'était en 2002, je faisais Iago dans Othello. Pendant une représentation je me suis blessé au dos, sur scène, je me suis évanoui devant 750 personnes... J'ai dû rester allonger plusieurs mois après. Mais ce n'est pas devenu un traumatisme qui m'empêche de remonter sur scène. Après 2002 et le Seigneur, j'ai eu des propositions de partout et je me suis concentré sur le cinéma. L'accident est une coïncidence. Maintenant je veux vraiment revenir au théâtre.

Vous avez fondé votre propre studio, l'Imaginarium. Qu'est-ce que c'est ?
Ce n'est un studio tout triste de performance capture. C'est un espace créatif où les acteurs et les réalisateurs peuvent se retrouver pour échanger. Il y a un espace avec ordinateurs et caméras pour créer des personnages imaginaires, pour le cinéma, les jeux vidéo et la réalité virtuelle. En ce moment on expérimente avec du nouveau matériel pour pouvoir projeter sur un écran une performance saisie en temps réel. On pousse la performance capture dans ses retranchements, et au-delà on essaie de voir les changements que ça apporte à l'art du storytelling dans les 20-30 prochaines années.

Vous avez la sensation d'être en territoire inconnu ?
Oh oui. Avec la réalité virtuelle et la réalité augmentée, l'imagination commence à être la seule limite. On peut faire apparaître dans cette pièce des personnages virtuels qui interagissent avec nous, il suffit d'une paire de lunettes connectées. C'est génial.

Le directeur de la photographie de La Planète des singes - Suprématie est Michael Seresin. C'est aussi celui de votre Livre de la jungle. Comment travaillez-vous avec lui ?
C'est intéressant parce que Michael est un classique. On le surnomme "le prince des ténèbres" parce que sa photo est très sombre, il utilise beaucoup la lumière naturelle... (NDLR : Seresin a fait la photo d'Angel Heart et Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban) C'est ce que je voulais pour mon Livre de la jungle. Faire un film qui ait le plus possible l'apparence de la réalité. C'est aussi ce qui nourrit Matt Reeves. Matt, Michael et moi, on a la même vision de cinéma, on l'a réalisé dès La Planète des singes - L'Affrontement.

Comment a été tourné Suprématie ? A plusieurs caméras avec beaucoup de liberté dans le jeu ? Ou est-ce que c'est très contraignant ?
La performance capture ne vous limite pas techniquement. C'est tout l'intérêt de la chose. Tout dépend le look que vous voulez donner à votre film. Si vous voulez avoir un aspect photoréaliste, vous pouvez le faire. Tout comme Suprématie, Le Livre de la jungle a été tourné avec des focales très courtes pour que cela aie l'air d'un film, d'un vrai, et pas d'un film en tout-numérique où tout est très détaillé quelle que soit l'échelle des personnages... On voulait aussi que la performance soit affectée par les choix de lumières utilisées directement sur le plateau. De la vraie lumière. Par définition, il y a toujours beaucoup de caméras : les caméras de motion capture, qui sont dispersées sur tout le plateau pour capter les positions relatives des acteurs dans l'espace, les caméras montées sur nos visages pour filmer la moindre de nos expressions faciales, au moins six caméras "témoins" qui ne filment que les acteurs en performance capture. On peut aussi considérer que les combinaisons de performance capture sont des caméras, aussi. Elles enregistrent quelque chose, après tout. Oh, et puis il ne faut pas oublier la caméra normale qui nous filme. (rires) Tout cela est ensuite fusionné au montage.

Ce que je trouve incroyable dans Caesar c'est que c'est profondément vous. Enfin, je ne sais pas trop comment dire...
Non, je vois ce que vous voulez dire. Il faut savoir que quand Matt Reeves fait son montage, les effets spéciaux ne sont pas du tout terminés. Il monte avec le jeu d'acteur de tous les singes. Ensuite, Weta fait son travail sur les effets. L'art de la performance capture en post-production, c'est de respecter le jeu des acteurs. Sans cela ça tombe à plat. Sinon à quoi bon tourner avec des acteurs sur le plateau, on fait tout en numérique et voilà. Il faut transférer la physionomie humaine à la physionomie simiesque.

Caesar a toujours cette façon de tordre sa bouche...
Oui, c'est très subtil mais la caméra capte la plus petite nuance de jeu, le plus infime changement musculaire sur votre visage, elle capte même le degré d'humidité de nos yeux.

Justement : les singes ont un regard incroyable...
Je crois aussi que c'est la clef des personnages, c'est ça qui les rend vrais. Si dans une scène j'avais les yeux rouges, c'est reproduit à l'écran dans toute sa vérité. C'est le génie des gens de Weta. Ils sont capables de faire une copie numérique identique de votre œil ! Les yeux de nos singes sont humains : c'est une idée de design très simple qui permet d'humaniser les singes. De leur donner une âme. La performance capture enregistre tout en entier et permet de le reproduire et de le modifier. C'est une nouvelle façon de faire du cinéma. Les animateurs n'aiment pas qu'on parle de maquillage numérique. Les comédiens restent au centre de l'opération. Pour le récent Livre de la jungle de Disney, c'était du doublage audio : les acteurs ont enregistré leurs répliques dans un studio et esnuite les animateurs ont créé les personnages. La voix était l'inspiration.

 

 

Que pensez-vous de ce qu'ils ont fait avec Rogue One ?
Vous voulez dire Peter Cushing et Carrie Fisher ? Je crois que c'est très valable, artistiquement. C'est semblable à Tron : L'Héritage, avec un jeune Jeff Bridges, ou L'Etrange histoire de Benjamin Button où ils ont rajeuni et vieilli Brad Pitt... Ressusciter des acteurs morts nous entraîne dans un débat moral, je suppose. Mais à mon avis ce n'est pas si différent de sampler de la musique, de rajouter un nouveau beat à un morceau de jazz. Si les propriétaires des droits sont OK, tout va bien. Mais d'abord il faut que cela serve l'histoire, que cela ne soit pas un gadget. Dans Rogue One cela servait l'histoire. Si la famille des acteurs est d'accord, pas de problème. Imaginez les possibilités : on peut ressusciter Winston Churchill ou Charles de Gaulle...

Comment faites-vous ça ?
On crée des copies en trois dimensions à partir de photos et de films scannés, qu'on applique à un acteur en train de jouer -et ce "masque" numérique respectera le jeu de l'acteur. C'est ce que va faire Gary Oldman dans Les Heures sombres. Il joue Churchill sans aucun maquillage "réel".

Il y a ce roman de science-fiction (NDLR : Remake de Connie Willis), dans lequel on fait des films en piochant des acteurs dans toute l'histoire passée du cinéma. Humphrey Bogart avec Clint Eastwood, aucun problème...
Je pense qu'on y arrive, oui. Qui ne paierait pas pour voir ça à l'écan ? Tout sera possible. J'adorerais voir Bogart et Eastwood ensemble. Mais encore une fois, il faut que cela soit justifié en termes de storytelling.

Dans Star Wars : Le Réveil de la Force, je trouve que Snoke était un peu bizarre : le film est très vintage avec des effets « réels », et puis arrive ce géant en performance capture. En gros les effets de 1977 rencontrent ceux du 21ème siècle...
N'oubliez pas que Snoke apparaît sous forme d'hologramme. Avec sa taille immense, il y a un effet de distance qui fonctionne bien, je pense, qui ajoute à son étrangeté.

Et dans Les Derniers Jedi, Snoke appraîtra-t-il en chair et en os ?
Ca, je ne peux pas vous le dire. Je peux au moins vous dire que l'on a tourné à Pinewood en « vrai » avec Domhnall Gleeson et Adam Driver, mais que le gros du boulot a été fait à l'Imaginarium ensuite. On a retourné beaucoup de fois parce que le look de Snoke a pas mal changé au cours du temps.

Pour revenir à votre Livre de la jungle, le film a été tourné en mars 2015 et sortira en octobre 2018. Pourquoi une durée aussi longue ?
Ca a été un long voyage... Déjà, on voulait pas entrer en concurrence avec le Disney. Il fallait de l'espace entre les deux films. Et puis, il y a un challenge technologique. C'est déjà très difficile de transformer le visage d'un acteur en celui d'un singe. Là on transforme le visage de Christian Bale en celui d'une panthère.

Comment ça ?
L'idée principale du design du film, c'est que l'on puisse reconnaître physiquement les acteurs à partir de leurs visages. Donc, on a utilisé une bonne vieille technique de morphing : le visage de Christian a peu à peu été changé en celui d'une panthère, et on a choisi le meilleur « état » intermédiaire entre Christian et la panthère. Et cela prend du temps. Notre Livre de la jungle est très différent du Disney, il est centré sur Mowgli, joué par Rohan Chand. C'est un drame très sombre, c'est Dickens dans la jungle, on respecte beaucoup la sensibilité anglo-indienne du texte de Kipling.

Donc, vos animaux parlent de façon réaliste ? Autant on peut concevoir un singe qui parle, mais une panthère...
Oui, c'est là le problème et je crois qu'on a résolu cela de façon convaincante. Ce n'est pas simplement enregistrer une voix dans un studio. Les acteurs étaient sur le plateau, encore une fois. Mais cela prend un temps fou...

A tel point que vous avez déjà eu le temps de tourner votre deuxième film en tant que réalisateur.
Oui, Breathe avec Andrew Garfield et Claire Foy.

Qu'est-ce qu'il y a d'Andy Serkis dedans ?
C'est un drame très conventionnel, en fait (rires). Une histoire d'amour qui raconte le triomphe de l'esprit humain sur l'adversité. Le côté "serkisien", c'est mon producteur Jonathan Cavendish avec qui j'ai monté l'Imaginarium, qui m'a amené le projet Breathe car c'est l'histoire vraie de ses parents. Un homme dans les années 50, très athlétique, qui a le monde à ses pieds, qui épouse une jolie femme et va en Afrique pour travailler dans le commerce du thé. Elle tombe enceinte, et puis boum, il est atteint de la polio et se retrouve paralysé à partir du cou. Il tombe dans la dépression, il veut mourir. Sa femme le persuade de rester en vie pour voir leur fils grandir, il dit d'accord seulement si tu me sors de cet hôpital. Voilà. Ils vont trouver un moyen de survivre face à la maladie. C'est une histoire très inspirante.

Vous avez utilisé de la performance capture dedans ?
(son visage s'illumine) Pas du tout ! A part Tom Hollander qui joue un double rôle de jumeaux, Breathe est pratiquement dénué de tout effet numérique, et c'est ça qui me rend ce film si important. De devoir faire un film très différent de tout ce que j'ai tourné en performance capture. C'est le film que je rêvais de faire au temps du théâtre.

 

 

A Première on adore Les Aventures de Tintin.
Moi aussi !

Alors quand est-ce qu'on verra la suite ?
Et bien... J'espère que Steven Spielberg et Peter Jackson vont s'y mettre pour de bon. Je sais que Peter écrivait le scénario intensément, ces dernières années. La rencontre entre les talent de Steven et Peter a vraiment marché du tonnerre...

Et votre talent, aussi. Je crois que sans vous, on n'aurait jamais vu un film pareil.
C'est gentil mais je crois quand même que Peter est le vrai visionnaire derrière tout ça, et que Steven a appris très vite les possibilités de la caméra virtuelle. En parlant de ça, vous avez raion, pourquoi on n'en fait pas un autre ? C'est hyper fidèle à Hergé, à sa palette...

Bien sûr, mais ce n'est pas une copie servile des cases de la BD. C'est du vrai cinéma.
D'accord, mais Hergé m'a beaucoup inspiré en tournant Breathe. Encore cette histoire de palette, de couleur, de compositions : il y a chez lui une vraie richesse de la position des personnages dans le cadre pour communiquer une émotion ou une information.

Voir Spielberg et Jackson travailler, ça a aussi dû vous inspirer...
Pour Le Livre de la jungle, c'est Peter mon professeur. Il m'a quand donné le poste de réalisateur deuxième équipe du Hobbit. Deux cent jours de tournage avec une équipe immense, tourner en 3D native à plusieurs caméras... J'ai eu l'impression de tourner cinq films en même temps. On a tourné Breathe en numérique avec une Lexis 65 au format 2.65. Je voulais un format purement cinématographique. Breathe est l'opposé du Livre de la jungle : on a mis six semaines pour le financer, sept semaines de tournage, dix semaines de montage, tout à la suite.

Lon Chaney disait "une fois dans un rôle, je n'en sors plus ". Quand je vous ai vu disparaître dans Le Retour du roi, je me suis dit « on ne verra plus jamais ce mec-là ». Les autres acteurs de monstres, comme Boris Karloff, Bela Lugosi ou Chaney, ont été dévorés par leurs performances. Comment avez-vous évité ça ?
On en revient à Dogboy : c'est le rôle le plus intense que j'ai jamais fait, je n'existais plus en jouant. Avant d'avoir une famille, je me laissais complètement dominer par les personnages, je ne pensais qu'à eux en permanence. Devenir un réalisateur, un storyteller, m'a aussi permis de prendre de la distance par rapport aux rôles et au travail de recherche. J'ai dû apprendre à faire plusieurs choses en même temps, à porter plusieurs projets en parallèle. A être multitâches.

Bela Lugosi a été enterré en costume de Dracula. Ca ne risque pas de vous arriver, alors ?
En fait, avec Gollum, ça a failli. J'étais très seul. La Communauté était très soudée, les quatre Hobbits tournaient toujours ensemble. Gollum était seul. Pour trouver mon personnage, ses mouvements, je devais aller dans les coins perdus de Nouvelle-Zélande pour s'isoler. Le rôle le demandait.

C'est l'opposé de Caesar. C'est un chef, un père, un leader. Il est multitâches. C'est donc l'opposé de Gollum.
Oui, tout à fait.

Si vous revenez au théâtre, que souhaitez-vous jouer ?
Jouer Beckett, Harold Pinter, Jez Butterworth, Brecht... Surtout Brecht. Je travaille sur une adaptation de Brecht au cinéma d'après L'Opéra de quat'sous et l'ensemble de son œuvre, située à notre époque. On en revient encore à l'idée d'un théâtre politique. J'ai joué Mackie-le-Surineur dans L'Opéra de quat'sous quand j'étais jeune, et je suis tombé amoureux de ses mots, de sa musique. Et avec l'Imaginarium, on prépare une nouvelle version de La Ferme des animaux de George Orwell (NDLR : une satire de l'histoire européenne avec des animaux). En performance capture, évidemment.

Vous avez déjà votre Napoléon ?
Non... On a changé le contexte : ce sera situé aux Etats-Unis, de nos jours. Donc on réfléchit aux changement sur les personnages.

J'ai lu que vous étiez passionné d'escalade. Et que vous rêviez de grimper l'Himalaya.
Tout à fait. J'ai surtout fait les Alpes, côté suisse et français. J'ai fait en solo le Matterhorn -par un chemin facile, mais un bon morceau quand même. Ce n'est pas une question de performance. L'escalade est un exercice très transcendental pour moi. Etre dans la nature sauvage, affronter les éléments. Je me sens très vivant quand je grimpe. Cela nourrit mon imagination.

Bande-annonce de La Planète des singes - Suprématie, en salles le 2 août :

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