Scénariste de Cloverfield, il est plus connu aujourd’hui en tant que réalisateur de La Cabane dans les bois, le film d’horreur le plus malin qu’on ait vu depuis Scream. Voici Goddard, Drew Goddard.Interview Benjamin Rozovas Première : En dépit d’une promo jouant sur le secret, La Cabane dans les bois a connu un joli succès en salles. Vous avez tenté l’effet Hitchcock et ça a marché…Drew Goddard : Extraordinaire, non ? Tout le mérite en revient à Lionsgate (qui a racheté le film à la MGM alors qu’il croupissait sur une étagère depuis trois ans). Ils ont eu une idée de génie avec cette affiche façon Rubik’s Cube. Elle semblait dire : « Venez, vous allez être surpris. » Un teasing parfait, à l’ancienne, comme on n’en voit plus aujourd’hui. Ils n’ont peur de rien chez Lionsgate. Quel autre studio aurait pu lancer Hunger Games comme ils l’ont fait ?La Cabane dans les bois est un réjouissant tour de train fantôme, mais qui a aussi quelque chose à dire sur le genre…Joss (Whedon, coscénariste et producteur du film) et moi en avions gros sur le coeur. Le projet est né de ces questions qu’on ruminait : pourquoi la notion de danger a-t-elle disparu dans le cinéma d’horreur ? Pourquoi les ados n’y sont que de la chair à pâté, des accessoires appelés à disparaître avec la prochaine scène de meurtre ?Certaines vignettes horrifiques du film, comme ce clin d’oeil à Ring lors d’une scène dans une salle de classe japonaise, ressemblent à du Joss Whedon pur jus… Est-ce lui qui les a tournées ? Bien vu ! Ça m’a d’ailleurs beaucoup énervé. En fait, c’est moi qui devais filmer ces scènes. Elles étaient déjà entièrement storyboardées et je savais exactement ce que je voulais faire… Mais il a neigé le premier jour de tournage et tout le planning a été décalé. J’ai dû confier la réalisation de ces séquences à la seconde équipe, c’est-à-dire à Joss. Je suis toujours un peu furieux.Au moment où sortait La Cabane dans les bois, Whedon explosait tous les records avec AvengersÀ l’époque où je n’étais qu’un simple spectateur regardant Buffy à la télé, Joss était pour moi le plus grand auteur vivant. Je suis un converti de longue date… J’ai adoré Avengers. Dans sa façon de concevoir le popcorn movie, c’est une quasi-révolution.